Pour ne plus jamais culpabiliser de ne pas participer à un front républicain
RDV Dimanche 11 Octobre - Arènes de Lutèce - 14h30
« Des gens sont morts pour que tu... » TA GUEULE !
Et toi tu votes ?
Les rapaces de la politique posent cette question comme une ritournelle, alléchés par les promesses de la foire électorale et son odeur de carcasse réchauffée au micro-onde. Au nom de milliards de raisons bancales régurgitées depuis le début des institutions républicaines, ces oiseaux de malheur en ont soudainement après votre carte électorale. On s’en fout car cela fait longtemps qu’on est nombreux à n’avoir aucune envie de se mêler d’une quelconque manière au jeu électoral. Cependant, ça commence à nous taper sur les nerfs cette nuée de mouches à merde qui viennent vendre leur soupe parlementaire au beau milieu d’espaces politiques radicaux et révolutionnaires. On ne laissera pas leurs larves nous manger le cerveau plus longtemps par ce chantage moral et ce pragmatisme instrumentalisant qui voudrait que ne pas voter équivale à tuer des personnes marginalisées ou à se rendre coupable des pires exactions dont l’État est capable. Notre refus de l’appel à voter n’est pas un appel à l’abstention ; pas question d’ajouter de la passivité à la résignation ambiante. Ce qui nous intéresse c’est moins de ne pas voter que de lutter contre ceux qui appellent aux urnes. « Voter détruit tout sens de l’initiative, étouffe l’esprit de révolte individuelle, apprend aux gens à se reposer sur quelqu’un d’autre afin qu’il fasse pour eux ce qu’il devraient faire eux-même » disait Voltairine de Cleyre. L’appel au vote est l’orchestration de cet étouffement. C’est l’appel au front uni avec la gauche et la relégation aux lendemains qui n’arrivent jamais des luttes les plus offensives contre l’État de gauche comme de droite.
On nous supplie de tout faire pour mettre la gauche au pouvoir mais on sait déjà ce que c’est. Toute gauche dite « de rupture » sera la gauche traditionnelle de demain. Le PS contre le PCF, puis la LFI contre le PS. La gauche mue au gré des vagues de mécontentement qu’elle parvient à récupérer avant de gérer la bonne perpétuation de l’État et du capital. Ce n’est donc pas particulièrement l’abstention qui entérine la reproduction du système électoral mais l’appel au vote qui le perpétue et le légitime. Car la gauche au pouvoir c’est : la légalisation des CRA, le tournant de la rigueur, la loi Travail, l’augmentation des expulsions de sans-papiers, l’allongement du temps de rétention, etc. Sauf que cette fois-ci, il y a en plus le populisme, le racisme, le patriotisme décomplexé, la défense de l’internationale réactionnaire de Poutine et le souverainisme de Mélenchon. Vous voulez vraiment tout faire pour en reprendre une louche ? Jouer le jeu de la chasse aux bulletins n’est pas une lubie passagère ou une précaution anodine mais une compromission dont l’enjeu est le braconnage de l’espoir.
Mais alors pourquoi et pour qui est-il si important que les franges radicales votent ? Nous commençons à voir venir une invasion d’appels aux votes par tous les pores des aires subversives, de notre voisin d’AG « anarchiste nihiliste », au « toto à fond dans la bataille culturelle ». Ils sont nombreux à nous expliquer qu’ils ne votent jamais, mais là... Et, si un communiste matérialiste, grand stratège de la théorie révolutionnaire, nous explique que la venue au pouvoir de la gauche permet le franchissement d’une première étape dans l’accomplissement d’objectifs révolutionnaires, et bien, on peut lui répondre : « non, ta gueule ». Pourquoi tant de zèle ? Comment ne pas comprendre qu’une gauche qui se recompose pour prendre le pouvoir cherche, entre autre, à ce que sa recomposition nous digère aussi, évitant ainsi que le mythe frelaté du « troisième tour social » ne puisse à aucun moment se réaliser ? Depuis quelques jours, les lycéens s’organisent et dynamitent cette morne rentrée. Soyons solidaires, et emboîtons le pas !
Contre toute démocratie, directe ou indirecte, contre toutes leurs formes de contrôle et de mise au travail,
contre le cynisme et contre la résignation, rendez-vous pour une AG contre l’électoralisme et ses chantages.




