La défense c’est déjà renoncer à l’utopie, c’est entretenir un statut quo morbide. En vrac sur les révoltes de la jeunesse et l’attentisme des milieux militants.



Lutter contre le fascisme, contre les casses budgétaires, contre les destructions du vivant, contre, contre, contre... Nous avons depuis au moins 70 ans intégré un imaginaire où il faut défendre des acquis d’autrefois. Nous avons appris à nous placer en victimes éternelles d’un système qui nous broie et nous oppresse ; arquebouté-es sur nous même, notre capacité à imaginer un futur désirable s’est éteinte en même temps que les grandes organisations des siècles passés. Faisons un pas de côté et envisageons l’offensive, c’est en tout cas une des leçons à retenir dès aujourd’hui des révoltes de la jeunesse.

Il est facile de dire qu’il faut passer à l’attaque, mais si personne ne veut prendre des risques le résultat est toujours le même : Gilets Jaunes, Lycéens, révoltes de 2023, tous ceux qui tentent l’initiative de l’attaque se retrouvent abandonnés. Iels sont contraint-es soit rejoindre les rangs et les lignes défensives des organisations politiques soit être abandonné-es aux griffes de la milice et de la justice. Que dire de celleux qui se prétendent révolutionnaires et dont l’action si subversive ne mène même pas à un contrôle d’identité alors que nombreux-ses sont celleux qui n’ont pour horizon que d’enchainer garde à vue et perquisitions sans se prétendre être à l’avant garde. Et encore nous ne parlons même pas de celleux qui subissent le harcélement policier sans même avoir rien fait.

On ne parle pas non plus de foncer tête baissée en opération suicide - mais peut être qu’il faut un peu d’humilité avant de jouer les héros et se prétendre être révolutionnaires. Cela vaut que nous soyons organisés ou autonomes. Les cercles de militant-es ne jouent parfois qu’un simple rôle d’exutoire pour les névrosé-es que nous sommes toustes. Ce à quoi la jeunesse nous rappelle, c’est de sortir de nos postures et nos vieux réflexes afin d’imagniner autre chose, d’autres possibles.

Défendre c’est s’enfermer, passer à l’offensive est un besoin et c’est ce que les lycéens nous démontrent. Même les stratégies négociantes ont besoin des rebelles violents pour pouvoir faire poids et être vu comme alternative crédible auprès d’un pouvoir (surtout si vous êtes réformistes).

Défendre c’est toujours une action de réaction. Pour les révoltes en cours, il n’aura fallu qu’un lycée de banlieue pour allumer la mèche d’un mouvement déjà historique et de dimension internationale. Ces jeunes sont partis du constat des besoins de toustes pour agir, ils n’ont pas attendu une énième provocation du gouvernement pour se défendre, iels sont passé.e.s à l’offensive.