Et ça tombe bien parce que j’en avais marre d’être enfermée toute la journée pour apprendre à obéir dans des classes de merde devant des profs qu’ont même pas envie d’être là, pour ensuite passer 50 ans de ma vie à tafer pour remplir le frigo.
Aujourd’hui la police a été attaquée.
Et c’est bien fait bien parce que les mortiers qu’ils se sont mangés ne sont qu’une petite vengeance contre la violence que l’Etat nous inflige, par son contrôle sur nos vies et sa gestion de nos corps et de nos esprits.
Et demain?
Demain j’espère que ça recommencera. Parce que quand on décide d’attaquer, on brise la monotonie et la résignation. On reprend nos vies en main et on se dresse contre ce qui nous domine, sans récupérateurs ni discours pacificateurs.
Le bal trad, c’est un milieu qui se rassemble autour d’événement festifs de danses traditionnelles (plutôt d’Europe mais pas que). C’est un milieu qui est né (en tous cas en France) du mouvement folk revival, porté par des 68ard autour d’envies d’éducation populaire. Il est allé piocher dans les traditions populaires régionales et orales et les a regroupées dans un cadre où les danses et les musiques sont laissées libres d’évoluer, à l’inverse des représentations folkloriques figées. Il est régulièrement décrit comme un milieu "de bisounours" : les gens qui y traine sont en majorité de gauche et les points mis en avant comme positifs sont l’aspect transgénérationnel et une forme d’horizontalité : les musiciens et bons danseurs ne sont pas mis sur un piedestal, mais tout le monde apprend et danse ensemble. C’est aussi un univers auquel on prête un niveau de violence bas : peu de vols, peu d’alcoolisation intense, peu de drogues (sous-entendues drogues durs et usages stigmatisés par ce que y a vla la beuh et le shit). Le bal trad est aussi très (très) blanc. Pour finir, il est imprégné d’idées hippies avec par exemple :
beaucoup de polyamour ou polysexe souvent à l’arrache et pas très respectueux des gens impliqués mais aussi des gens autour (peu de notion de pudeur. De ce que j’en ai vu en tous cas, sûrement des gens font de choses carrées à des moments aussi)
d’envies "d’enfants collectifs" ou en tous cas de laisser "la communauté" s’occuper des enfants (dans la pratique y a beaucoup de négligence).
Je fais un tableau pas très réjouissant mais c’est un univers chouette sur plein de points, juste j’y ai fait mon temps étant enfant/ado et je suis un peu amère à ce sujet aujourd’hui. J’ai eu des échos ces dernières années de choses qui bougent petit à petit sur des questions de genre, de queerness, de faire plus gaffe aux agressions sexuelles dans la danse et peut être un peu aussi à la pudeur et aux enfants (j’espère en tous cas). Mais j’ai pas pu le voir moi-même vu que j’y vais plus.
J’ai décidé de faire ce zine pour parler de quelques trucs dont j’ai été victime ou témoin en tant qu’enfant/ado dans les milieux « bal trad ». Ça tourne autour d’agressions sexuelles et de dynamiques ou comportements pédocriminels.
C’est un sujet qui me tourne en tête depuis des années, mais je ne savais pas trop sous quelle forme j’avais envie d’en parler. J’ai décidé de faire un zine en mode témoignage, toute seule, quitte à y revenir plus tard avec plus de monde, plus d’analyses aussi peut être.
Pour poser un peu le contexte : Je suis une meuf trans, pas encore « out » au moment où ça se déroule. Je viens d’une famille pauvre et principalement monoparentale (même si ma mère a eu des copains à des moments). Aussi, je sais pas à quel point ça a joué un rôle dans ces événements, mais vu que c’est un milieu très (très) blanc, je préfère préciser, à l’inverse de ma mère et ma sœur qui sont perçues comme blanches, je suis perçue comme racialement ambiguë, ça alterne entre rebeu et métisse. Je viens d’une famille où il y a (eu) de l’inceste, ça m’a d’ailleurs posé question quand je me suis rappelé que c’est ma mère qui a amené ma sœur et moi dans ce milieu quand j’avais 8 ans.
C’est un milieu où les gens se retrouvent autour de la danse, donc du corps, on se touche, on rapproche parfois beaucoup nos corps dans certaines danses. Ça rend hyper important d’être carré dans son rapport au corps des autres, à la communication et au consentement. Malheureusement c’était un milieu trop nul à ce niveau. J’espère que ça a un peu évolué depuis que j’ai arrêté d’y traîner. À l’époque, non seulement presque personne en parlait ou faisait des tentatives de développer des outils autour de ces thématiques, mais en plus à chaque fois les personnes se prenaient une vague de réactions réac, défensives.
Beaucoup de violences sont rendues possibles grâce à l’idée que c’est un « milieu de bisounours », fréquenté uniquement par des « gens bienveillants », avec souvent comme exemple le fait qu’il n’y ait pas de vols. Pour capter le biais qui amène à ce sentiment de sécurité absolu Faudrait peut être creuser du côté du fait que ce soit un entre-soi de blancs, avec pas mal de gens aisés qui adoptent parfois des usages babos. C’est courant de pas voir les problèmes dans son propre groupe social je crois. Pour moi cette vision biaisée entraîne la négation des violences qui s’y jouent, mais aussi une baisse ou une absence de vigilance, notamment vis à vis des enfants, qui sont souvent livrés à eux-mêmes, négligés (les parents qui partent plusieurs heures, à l’autre bout du festival, en les laissant seuls à parfois pas plus de 4 ans), qui déambulent des fois nus au milieu de dizaines d’adultes habillés.
J’ai pas mal traîné avec un groupe de potes plus âgés, voire bien plus âgés (entre 2 et 15 ans de plus que moi). C’était courant pour mes potes d’avoir des relations amoureuses ou sexuelles, et les meufs se retrouvaient souvent à coucher ou relationner avec des gars bien plus âgés (8 à 35 ans d’écart dans ce dont je me rappelle). Y avait aussi quelques fois eu des histoires de potes qui se retrouvaient à avoir les mêmes amant.es que leur daron.ne… Sous couverte de libertinage, polyamour etc, c’était trop pas discuté à la fois les bails d’écarts d’âge, mais aussi de juste faire attention aux gens autour. Pour moi ça devrait passer par avoir une attention aux liens que partagent les autres entre eux, anticiper les insécurités ou les embrouilles que ça peut créer. Mais c’est aussi faire gaffe au bruit dans un contexte de camping, faire gaffe à aller baiser dans un endroit où des personnes (notamment des enfants) peuvent pas tomber sur ce genre de scènes par hasard.
C’était aussi pas rare que des gars de mon groupe de potes qui avaient entre 17 et 26 ans traînent avec des meufs de 12-16 ans, les prennent sur leurs genoux, leurs fassent des câlins et alimentent des dynamiques de séduction, voire les embrassent ou envisagent une relation amoureuse avec. Je me rappelle d’une histoire où un gars flirtait avec plusieurs meufs hyper jeunes d’une même sororie, et c’est ouf de voir à quel point c’est banalisé dans ce milieu, et même les ponts que ça crée avec l’inceste en le facilitant à plein de niveaux …
Il y avait beaucoup de personnes de 30-40 ans connues pour sortir avec des meufs très jeunes ( 15-18 ans), et qui tournent énormément autour d’enfants. Tout ça se passe à la vue de tout le monde, de manière décomplexée et banalisée. J’ai l’impression que les critiques étaient anecdotiques et n’entraînaient jamais de mise en sécurité des enfants, ni d’aménagements pour éviter ce genre de situations. Ces personnes sont même parfois soutenues par les organisations des festivals lorsqu’elles sont publiquement critiquées ou visibilisées (j’ai quelques exemples en tête de salariés ou bénévoles qui s’impliquent depuis longtemps dans tel festival ou tel bal, l’ancienneté (entre autres) les prémunit d’être virés ou critiqués par les organisateur.ice.s). (j’aimerais bien être plus précise, mais par souci d’anonymat je ne veux pas détailler plus).
J’avais bien envie aussi d’aborder une dynamique hyper répandue dans ce milieu je trouve, c’est de déguiser de la séduction ou du contact physique avec une intention sexuelle ou sensuelle (pas toujours consentie du coup), par des soins énergétiques, des massages, etc. J’ai vraiment vu souvent ou vécu des situations où des gens (principalement des gars cis) étaient pas clairs sur leurs intentions, créaient une méga ambiguïté ou une tension sexuelle au moment où ielles réalisaient un « soin » ou un « massage » sur quelqu’un. Ça s’inscrit hyper bien aussi dans les dynamiques pédo avec la personne adulte qui vient éblouir une personne plus jeunes avec des beaux discours. En général ça prend deux formes, d’une part la personne se la pète en disant qu’elle a une « sensibilité aux énergies » ou un « don », d’autre part la personne s’appuie souvent sur des choses qu’elles ressentirait en l’autre, soit des « blessures » qu’elle propose de soigner, soit un « don » repéré chez l’autre et autour duquel on te propose de t’enseigner une pratique. Et en fait beh je pense y a des cas où les deux personnes savent que y a une tension sexuelle en plus du soin, mais je pense que y a plein de fois où vraiment c’est de l’abus déguisé quoi. Et justement beh les gars de mon groupe de pote dont je vous ai parlé avant qui traînent avec des minots, ils utilisent grave cette excuse de massages énergétiques pour toucher le corps de meufs de 12, 15, 17 ans.
En ce qui me concerne plus directement, les exemples ne manquent pas de mains au cul ou glissant le long du dos, par des vieux de 70 ans, danses collées forcées, érections de partenaires de danse visibles ou ressentie quand ils se pressent contre moi, etc.
Aussi par ce que je trouve important de rappeler que c’est pas que les gars cis qui agressent (ici les enfants) : quand j’avais entre 12 et 14 ans, une meuf d’au moins 25 ans me propose de danser avec elle. Déjà elle force un truc hyper rapproché et collé. Plus la danse avance plus c’est collé et même frotté
et petit à petit je me rends compte qu’elle a pas de culotte sous sa jupe et qu’elle est en train de frotter sa chatte contre ma cuisse et qu’elle mouille sur moi. La danse se finit, je dis rien et je pars, je vais voir deux potes (gars cis de 17 et 19 ans).
Je leur raconte la situation et leur réaction c’est de se marrer et un peu se moquer de moi en mode : « mec elle est moche, elle a même de la moustache et tout, coup dur pour toi ».
Je me rappelle aussi qu’à mes débuts, de 8 à 14 ans, lorsque je dansais avec des meufs adultes, je me retrouvais souvent au niveau de leurs seins, et je recevais des tonnes de remarques sexualisantes (souvent de la part de gars cis mais pas que), me disant qu’ielles aimeraient bien être à ma place, que j’avais de la chance, que j’avais « juste la bonne taille », on me prêtait aussi des intentions sexuelles assez souvent, comme si c’était quelque chose dont j’avais conscience et dont je me délectais. Ça me gênait tellement, aussi je l’ai toujours ressenti comme quelque chose de honteux, en mode c’est moi qui faisait quelque chose de mal. La réalité c’est que des adultes me mettaient systématiquement à un endroit sexuellement ambiguë alors que j’étais enfant et que je n’en étais pas du tout là dans ma vie ou mes intentions.
Ça m’est aussi arrivé quand je traînais avec des potes plus grand.es, qu’au lieu de s’isoler loin de moi, ielles se pécho voire baisent (sous une couette mais quand même) juste devant ou à côté de moi, ou que des potes me racontent de manière assez détaillée leurs moments de cul avec des gens, sans que ce soit une demande de ma part et sans considération pour notre différence d’âge et de moment de vie.
Y avait aussi des dynamiques d’âge liées à des trucs de conso. Un gars de presque 30 ans qui sortait avec ma meilleure pote de 15 ans a régulièrement apporté et proposé du poppers et des pétards à mes potes et moi (j’avais 11 ans et certain.es de mes potes à peine plus), je me rappelle plus très bien des détails mais je sais que je trouvais chelou qu’un gars si vieux traîne que avec des gens de 11 à 19 ans, surtout avec les enjeux de ramener de la cons et sortir avec une meuf de 15 ans. Et de manière générale c’était encore plus courant et banal les gars qui donnent de l’alcool à des mineurs au milieu de dynamiques de drague avec elleux.
Y aurait encore beaucoup à dire mais j’aime pas trop l’idée de juste faire un catalogue de récits hardcore, du coup je trouve que ça suffit à se faire une idée là.
Ce qui m’a donné envie d’écrire cette brochure en vrai, c’est de capter que des gens dans des cercles proches commencent à aller traîner dans des bals trad (moi j’ai déserté ce milieu depuis pas mal d’années maintenant), du coup je trouvais important de visibiliser ces dynamiques craignos. Faites gaffe à vous, mais aussi hésitez pas à intervenir pour protéger les enfants/ados que vous croisez dans ces milieux si vous voyez des trucs chelous. La banalisation produite par les adultes autour de nous a fait beaucoup de mal à des potes et à moi. Ça existe pas un milieu de « bisounours », où y a pas de violence, le fait de dire ça c’est déjà mal barré pour prendre soin des gens qui en vivent.
Le brûlant été est passé avec ses graves conséquences, les feux de la rentrées ont été allumés par les lycéen⋅ne⋅s. Il est temps de se remettre les mains dans les boues et les pieds dans ornières.
La mobilisation lycéenne nous rappelle qu'il est nécessaire de ne pas nous endormir sur des lauriers.
Après un passage au Portugal pour le Global Gathering 2026 rencontrant Noís Radio (intervenant⋅e⋅s autogérées dans les opération post tremblement de Terre en Colombie), 7amleh - The Arab Center for the Advancement of Social Media (dont on vous donnera prochainement des nouvelles), Press Panic (free and open-source card game about Threat Modeling, built for journalists but adaptable to every social group and movement), Point of View et leurs zines (non-profit founded in Mumbai in 1996 that builds and amplifies women's voices and removes barriers to voice, speech and expression), et bien d'autres, nous avons décider de rentrer.
De rentrer et de nous remotiver !
Nous avions prévu une « RDC-T : Rennes DataCenters − Tour. Ballades investigatives 1 », cependant décision a été prise de décaler cette activité à plus tard. Il nous est évident que la mobilisation en cœurs et en cours issue des lycées est la priorité.
Le Finistère est en « alerte écarlate » sur l'eau, les autorité d'état et de administration locale avertissent d'un risque imminent de rupture d'approvisionnement en eau. Au Mexique, à Guadalajara, c'est répression policière et enfermement des manifestant⋅e⋅s qui se lèvent face à un système et des corruptions qui leur font littéralement boire de la merde et des métaux lourds.
On pourrait aussi détailler la situation en Guyane, en Iran, en Serbie, sur la Sanaga ou le long de la Vilaine, et ailleurs.
Les personnes qui y vivent méritent plus que de simples évocations. Nous prendrons le temps de construire à plusieurs des productions et discussions.
Notre prochaine envie est simple et légère : préparer et annoncer un temps de rencontres conviviales sur Rennes et rencontrer des nouvelles personnes et organisations.
Après ça on retournera pécher des microplastiques, faire de la spectrométrie des eaux, des balades investigations, et certainement d'autres activités.
Salut ! On écrit ce texte en réaction pendant et après l’occupation de la ZAD de Censive du mercredi 7 au samedi 10 Octobre.
Contexte :
On trouve important de réagir à des réactions qui ont tourné au fur et à mesure des journées, comme quoi c’était « totoland » (totos = autonomes).
Des gens ont passé du temps à se désolidariser de l’occupation, à inciter leurs contacts à ne pas venir. Ça a créé de nombreuses rumeurs qui se sont propagées, celles-ci créant un climat de peur et d’inconfiance à l’intérieur de l’occup, en plus de réduire les force présentes. On veut donc revenir sur plusieurs points qui ont été source de débat pendant l’occup.
On veut que la fête puisse exister, que tout le monde puisse y participer et s’amuser. On en a marre des discours toxicophobes qu’on a entendus trop souvent (volonté d’interdire l’alcool, que l’alcool favorise les agressions, que des seringues ont été retrouvées, etc), ce qu’on veut c’est un stand RDR (réduction des risques), avec de la doc, du matos pour faire en sorte que les gens puissent avoir leurs pratiques en sécurité, gèrent leur conso, sans venir en inciter d’autres ou se sentir shamé-es (ça a mis 2j avant que ce stand voit le jour !). Une personne qui veut consommer finira toujours par le faire, c’est dangereux d’exclure les gens et de les pousser se cacher pour consommer.
Toutes les dégradations qui ont fait clivages, on est pour les tags sur tous les murs, que tout le monde vienne s’exprimer, les distributeurs qui nous font payer 2 balles pour une barre de céréales pour servir le capitalisme : on en veut pas et on va tous les casser. Les gens ont volé du matos et ce n’est que justifié, la fac c’est une institution de l’État et les gens sont précaires. On ne peut que soutenir le fait de venir se servir. On est pas des flics et on veut pouvoir circuler librement dans les espaces.
Dans une occup avec plusieurs centaines de personnes, y a forcément des violeurs dans la foule. On peut pas se permettre et on a pas envie de reproduire le système carcéral et punitif : « les violeurs sont des monstres, on va les exclure ou leur casser la gueule ». Le problème c’est de ne pas se remettre en question, mais la question est beaucoup plus complexe qu’amener « il y a un violeur dans l’occupation », qui se transforme très vite en rumeur horrible. Les viols sont un phénomène ultra-commun dans une société aussi patriarcale et discriminante. C’est un sujet qui devrait être traité au global et pas de manière aussi spécifique.
C’est comme ça qu’on en arrive à avoir des personnes qui disent « je ne suis pas trop investie mais moi le viol je soutiens pas, alors je suis contre l’occup » ou « il y a des violeurs et des seringues qui traînent partout » : l’instauration d’un discours anti-occup a permis de la saboter.
On a vu passer des critiques sur la vie quot et le ménage mais y a eu des efforts de faits. Ça a été réfléchi collectivement, avec la décision de tester l’autogestion.
Sur les embrouilles à propos des femmes de ménage : pour nous, il y a une nuance entre « mauvais gauchistes, vous êtes racistes » et « mauvais gauchistes, vous êtes des réformistes et vous êtes potes avec l’UNI ». On pense que vouloir nettoyer la fac APRÈS l’expulsion c’est une grosse erreur. Le débat sain était impossible : trop de points de vue différents, des gens faisaient un mélange entre les anti-tags, les anti-drogues et des trucs entendables : le sol dégueu par exemple (qui était pas si dégueu avant l’expulsion).
Par contre, c’est faux de dire que le personnel du ménage va tout nettoyer, la fac va payer d’autres personnes (précaires aussi) pour ranger et nettoyer (peintres pour les murs,…). Mais bon, sinon on lutte plus ? On casse plus de vitrines, on brûle plus de poubelles, …? La question est complexe a traiter et se résout pas pendant une embrouille avec des arguments d’autorités.
Les personnels de ménage vont quand même avoir des trucs à ranger par contre. Et c’est dommage en effet.
Et déso, mais on avait besoin de barricader le bâtiment pour tenir l’occupation, on avait besoin de prendre le PQ du local technique pour aller aux toilettes. On a sali les sols avec la vie quotidienne, et il y a eu des dynamiques de nettoyage, mais ça faisait partie des décisions collectives de saboter l’arrivée des keufs (peinture, savon, etc).
La fin :
Un moment critique, pour nous, de l’occupation c’est la négociation de l’union pirate avec la présidence. On porte le fait que c’était une immense connerie. C’est au moins une erreur involontaire et une prise de pouvoir, au pire de la dissociation et du sabotage de l’occup.
Le fait d’aller négocier avec la présidence, sans le communiquer avec personne, puis d’apporter son soutien à la proposition (stopper l’occupation en échange de salles dans la fac pour s’organiser, sinon la présidence envoie les flics) leur a permis de se désolidariser. Leur position de syndicalistes, vue comme légitime par la présidence, leur a donné une place de pouvoir tout au long de l’occupation. Le minimum aurait été de ne pas accepter la proposition de la présidence et de garder une position d’intermédiaire. Le fait d’en parler ensuite à la presse et de ne pas en référer à l’occupation : c’est encore pire.
Apprendre cet échange dans Ouest France a mis un immense coup de pression à toute l’occupation.
Alors le lendemain, vendredi matin, quand les syndicats sont venus en AG pour essayer de convaincre tout le monde de se barrer de l’occupation, forcément ça la fout mal. Surtout avec cet ultimatum d’évacuation qui a fait monter la tension. À cette AG, y a eu grave des engueulades. C’était relou, ça a participé à faire partir beaucoup de monde. On pense quand même que dans des AGs verrouillées où des personnes disent de la merde, c’est parfois légitime de zbeuler. Par contre, c’est pas tout le temps le cas, parfois on l’a trop fait. Tant pis c’est trop tard. Dans cette AG de l’enfer, la venue des personnel.le.s en soutien est mal tombée, c’est dommage qu’iels soient parti.e.s alors que venaient soutenir. Bon, iels sont parti.e.s car iels se sont fait engueuler entre autre. Après, iels avaient une posture paternalistes et en soutien aux syndicats. On espère que dans un autre contexte ça l’aurait fait et qu’on aurait pu en discuter.
Bref, cette AG puait.
Sur les AGs, on comprend pourquoi des gens râlent sur le format, les premières tribunes étaient souvent dirigées par les mêmes groupes ne se visibilisant pas et ayant une posture « légitime » (NPA, syndicalistes, …).
On pense quand même que les engueulades en AG ça a parfois posé problème, surtout dans les dernières, ça a instauré un climat de défiance entre les gens.
Pour finir, on a trouvé que c’était super d’occuper la fac. Dommage que ça se soit finit alors que l’orga commençait vraiment à se faire. On a collectivement trop été dans la crainte des flics et la défense du lieu, ce qui nous a empêché de s’ouvrir vers l’extérieur et de parler politique.
Bien qu’on ressorte un peu sonné.e de cette dernière semaine, faut bien garder à l’esprit que le mouvement n’est pas finit ! On se voit à la prochaine occup ;) (ou avant).