Après le 17 octobre à Nantes, une AG a eu lieu aux Nefs le lundi 19. Au cours de cette AG, une proposition a retenu notre attention: il s’agissait d’écrire un communiqué affirmant en gros que l’AG présente assumait la casse et les pillages et refusait de se dissocier. La proposition a reçu pas mal d’applaudissements, mais elle n’a pas été mise en pratique. Nous sommes plusieurs à trouver cela dommage, alors on s’est réuni.es pour en parler, et on propose ce texte. S’il ne peut être écrit au nom de l’AG pour le moment, il l’est en tout cas au nom d’une partie de l’AG. On espère, en réalité, qu’il sera repris et assumé par l’assemblée.
Le 17 octobre a été une journée riche en événements, partout en France. Des manifestations innombrables, incontrôlables. Une énergie folle a rempli l’espace public et a perduré plusieurs heures, jusque tard dans la nuit. La police a comme d’habitude joué le bras armé du capital, avec un succès très modéré: elle s’est globalement faite déborder par l’explosion de colère mêlée de joie vengeresse qui a déferlé dans les rues. Un tas de magasins ont été ouverts et vidés de leurs marchandises, qui ont été distribuées allégrement. Les forces du maintien de l’ordre ont été chassées à plusieurs reprises. Les mots ne sont pas assez forts pour décrire cette journée. Il faut l’avoir vécue pour se la représenter.
La semaine qui a suivi a été marquée par un déferlement médiatique contre les « casseurs » et les « pilleurs ». On s’y attendait. La justice a sévèrement sévie, suivant les instructions de son patron Darmanin, qui a en outre annoncé des mesures de surveillance renforcée. Le but est d’installer un climat de peur.
A contre-courant du discours de dissociation ou de prudence que veulent imposer les tenants de l’ordre et du calme, nous affirmons au contraire que nous assumons tout. La première violence est celle de l’Etat et du capital, et les dégâts qu’elle fait ont des conséquences bien plus dramatiques que des vitrines brisées et de la marchandise redistribuée, ou encore des entrées de lycées brûlées. Nous ne tomberons pas dans le piège de jouer la police de nos cortèges et de déterminer ce qui est « bien » et ce qui n’est « pas bien ». Nous laissons la dissociation à celles et ceux qui veulent une image respectable pour encadrer la lutte et la rendre contrôlable. Nous ne voulons pas encadrer ni diriger. Nous voulons changer la vie. C’est bien pour cela que nous assumons l’ensemble des gestes portés par le mouvement en cours, que nous soutenons toutes les personnes inculpé.es et appelons l’ensemble des assemblées à faire de même.
Des participant.es de l’AG du 17 de Nantes.
