Vive l'Anarchie - Semaine 32, 2026

Somaire

The anarchist library located at 19 rue Burnouf in Paris remains open ! [en, it, es, fr]

Publié le 2026-08-04 09:30:08

The anarchist library located at 19 rue Burnouf in Paris remains open !

The Libertad project is over. But at 19 rue Burnouf, alongside the development of a new project, an anarchist library remains open every tuesday from 5 PM to 8 PM to welcome all those looking for ideas and encounters to fuel the fires of revolt against this authoritarian and deadly world.

These are opportunities to nourish our questions; to search through books, pamphlets, magazines, and newspapers for material to deepen our reflections; to discover a breath of fresh air for the present in stories from the past; to discuss and debate current events; and to immerse yourself in experiences of struggle and revolutionary moments.

Welcome to those who distance themselves from politics and pretenses, and who are committed to forging relationships that do not mirror this world.

Come take, give/drop off, borrow (and return!) books and pamphlets.

In short, keep an anarchist space alive in Paris !

The librarians

Contacts:

La bibliothèque
19 rue Burnouf 75019 Paris

lantredeux(at)riseup.net
During the month of August, please make sure the library is open by writing to us.

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La biblioteca anarchica di rue Burnouf 19 a Parigi resta aperta !

Il progetto Libertad é finito. Ma in parallelo all’elaborazione di un
nuovo progetto, a rue Burnouf 19 ogni martedi dalle 17 alle 20 resta aperta una biblioteca anarchica per accogliere tutti coloro che sono
alla ricerca di idee e di incontri per alimentare il fuoco della rivolta
contro questo mondo autoritario e mortifero.

Delle occasioni per nutrire i propri interrogativi, per cercare di
approndire le proprie riflessioni attraverso i libri, gli opuscoli, le riviste e i giornali, per scoprire nei racconti del passato delle boccate d’aria per il presente, per discutere e dibattere a proposito degli eventi in corso, per immergersi nelle esperienze di lotta e nei momenti rivoluzionari.

Benvenuti a tutti coloro che restano lontani della politica, delle false apparenze e che vogliono con tutto il cuore tessere dei rapporti che non siano all’imagine di questo mondo.

Potete venire a prendere, dare/lasciare, prendere in prestito (e restituire!) libri e opuscoli.

Insomma a far vivere un posto anarchico a Parigi !

Le bibliotecarie e i bibliotecari

contatti :

la bibliothèque
19 rue burnouf
75019 Paris

lantredeux(at)riseup.net
Se volete venire durante il mese d’agosto, controllate che la biblioteca
é aperta scrivendoci.

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¡La biblioteca anarquista en el 19 rue Burnouf en Paris permanece abierta!

El proyecto Libertad se acabo. Mientras que se elabora un proyecto nuevo, en el 19 rue Burnouf en Paris sigue abierta una biblioteca anarquista todos los martes entre 17h y 20h para acoger tod@s aquell@s en busqueda de ideas y encuentros para avivar el fuego de la revuelta contra este mundo autoritario y mortifero.

Son occasiones para alimentar sus cuestionamentos, para buscar en los libros, panfletos, revistas y periodicos materia para profundizar sus pensamientos, para discubrir en relatos del passado soplos de aire para el presente, para charlar y debatir de los acontecimientos actuales, para sumergirse en experiencias de luchas y de momentos revolucionarios.

Bienvenid@ a l@s que se quedan alejad@s de la politica, de las falsas
aparencias y que les importa de tejer relaciones que no son a la imagen
de este mundo.

Venga a recoger, dar/dejar, tomar prestados (¡y devolver!) libros y
folletos.

¡en fin, hacer vivir un lugar anarquista en Paris!

l@s bibliotecari@s

contactos :

la bibliothèque
19 rue burnouf
75019 Paris

lantredeux(at)riseup.net
Si pasas duante el mes de agosto, asegurate que la biblioteca este abierta escribiendonos.

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la bibliothèque anarchiste situé au 19 rue burnouf à Paris reste ouverte !

Le projet Libertad est fini. Mais au 19 rue burnouf, en parallèle de
l’élaboration d’un nouveau projet, reste ouverte une bibliothèque anarchiste tous les mardis de 17h à 20h pour accueillir toutes celles et ceux en recherche d’idées et de rencontres pour alimenter le feu de la révolte contre ce monde autoritaire et mortifère.

Des occasions pour nourrir ses questionnements, pour chercher dans les livres, brochures, revues et journaux de quoi approfondir ses réflexions, pour découvrir dans des récits du passé des bouffées d’air pour le présent, pour discuter et débattre sur les évènements en cours, pour se plonger dans des expériences de luttes et de moments révolutionnaires.

Bienvenues à celles et ceux qui se tiennent loin de la politique, des faux-semblants et qui ont à coeur de tisser des relations qui ne sont pas à l’image de ce monde.

Venez prendre, donner/déposer, emprunter (et rendre !) les livres et brochures.

Bref à faire vivre un lieu anarchiste à Paris !

Les bibliothécaires

contacts :

la bibliothèque
19 rue burnouf
75019 Paris

lantredeux(at)riseup.net
assurez-vous durant le mois d’aout que la bibli est ouverte en nous écrivant.

Les autoradios ont des oreilles

Publié le 2026-08-04 09:34:50

Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l’Auvergne-Rhône-Alpes.

Le dispositif a été découvert lors d’un changement d’autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l’autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l’alim de l’autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l’auto-radio.

La musique a bien dû leur casser la tête !

 

Des barrières au champ de manoeuvres…

Publié le 2026-08-04 09:38:54

Dimanche dernier, le préfet s’est réveillé avec une douleur abdominale si vive qu’on aurait dit un tremblement de terre.

La cause ?

Un cauchemar éveillé : le projet de Centre de Rétention d’eau Administrative s’était effondré sous le poids des protestations, et surtout, le souvenir brutal d’une décision idiote cruelle. La semaine précédente, dans un élan de zèle mal placé, il avait validé l’installation de grilles de sécurité le long de la route du projet de CRA dans la forêt. Vers 3 heures du matin, une vision hantait ses yeux : celle des images de la Gironde, où des incendies dévastateurs ravagaient des paysages entiers. Les animaux de la forêt étaient pris dans le brasier, les pompiers ne pouvaient pas intervenir faute d’accès.
La peur de voir son champ de manœuvres devenir un brasier l’avait saisi à point. « Mais pourquoi ai-je fait ça ? » se hurla-t-il à lui-même en se redressant dans son canapé « Mais quel con, c’est de la folie ! ». D’un bond, il sauta du lit, enchaîna ses charentaises et fonça vers la maison d’arrêt voisine du projet, décidé à corriger ses erreurs dans la nuit. Mais quelle ne fut pas sa surprise ! Il réalisa, une fois sur place, qu’il avait oublié ses outils. Et pour couronner le tout, il portait toujours ses charentaises et son pyjama à carreaux, totalement inadaptés à la marche dans les ronces épineuses.

« Bon sang, je suis un préfet, pas un clown ! »
grommela-t-il en rebroussant chemin en trombe.

Il retourna chez lui, récupéra des clés et enfila des bottes robustes, prêtes à affronter les ronciers. Revenu sur les lieux, il se lança dans une tâche titanesque : déboulonner toutes les grilles, retirer des plots en béton et tout jeter dans les ronces. Pendant trois heures, il travailla comme un forcené, suant à grosses gouttes, les vêtements collés à la peau. Le lendemain, il n’irait pas à la salle de sport.

« C’est du sport, » se dit-il en essuyant son front dégoulinant,
« réparer ses propres conneries, c’est levrai workout ! »

Quant aux moutons de Lidl et aux chevreuils du champ de manœuvres, ils ont bien rit de cette scène nocturne, voyant un préfet en charentaises, puis en bottes, se battre contre des plots de béton, des grilles en alu et les ronces. Le pire c’est quand il marcha sur les pattes d’un blaireau qui aussitôt lui croqua les guiboles.
Le lendemain, un journaliste local, intrigué par la disparition des grilles, tenta de percer le mystère. En arrivant sur place, il trouva le préfet, épuisé, en train de manger une baguette de pain rassis et du pâté Enaff, assis sur un plot de béton qu’il avait lui-même arraché.

« Vous avez vu les moutons de Lidl ? » lui demanda-t-il, les yeux cernés.
« Ils m’ont jugé ! Ils ont ri de mes charentaises ! »

Le préfet, le souffle court, ajouta : « Je pensais faire une œuvre utile, mais en réalité, je suis devenu le sujet d’une comédie animalière. »

Les moutons, de leur côté « rire de plus Bêle »,
tandis que le blaireau ne pouvait plus s’arrêter de rire du fond de son trou.

 

Bon en vrai, c’est pas comme ça que ça s’est passé. Les animaux qui rigolent du préfet, passe encore, mais un préfet qui a des scrupules, on se doute que vous n’y avez pas vraiment cru. La vérité, c’est qu’à défaut de prise de conscience du préfet, on a du s’en charger nous même, et on peut vous dire qu’on s’est bien amusés. La prochaine fois, on vous invitera. Les risques juridiques sont très limités, le cadre est sympa et il y a dans l’air un délicieux parfum de subversion.

À bientôt !

Crémone (Italie) : sabotage solidaire d’un poste électrique

Publié le 2026-08-04 09:43:47

(Traduit de l’italien de ispirAzione, 31 juillet 2026)

Le 1er juillet dernier, nous avons saboté un poste électrique. L’heureux hasard a voulu qu’une partie du centre de Crémone se retrouve plongé dans le noir. Plus de lumière dans les rues.
Sans crier gare, un black out s’est diffusé et a duré quelques heures.
L’énergie est liée à la guerre, la guerre à la répression, et répression signifie prison.
Par ce geste, nous avons voulu agir pour exprimer notre solidarité avec les anarchistes arrêtés le 16 juin.
Salut à tous les rebelles du monde, aussi bien ceux qui sont en taule que ceux qui luttent à l’extérieur.
En ces temps d’horreurs, nous ne pouvons oublier Ramy et Fakir*.


NdT : Abderrahim Fakir a été assassiné par étouffement dimanche 19 juillet 2026 dans le quartier de Pilastro, en périphérie de Bologne, menotté et immobilisé à terre par les flics, et observé passivement en train de mourir par plusieurs secouristes de la Croix-Rouge. Ramy Elgaml est décédé le 24 novembre 2024 dans le quartier de Corvetto, au sud-est de Milan, après que le scooter conduit par son pote ait été percuté par une patrouille de carabiniers lancée à leur poursuite.

Briançon (Hautes-Alpes) : « Refugees welcome »

Publié le 2026-08-04 09:48:46

Alpes1mag / dimanche 2 août 2026

Des inscriptions favorables à l’accueil des réfugiés ont été réalisées sur les fortifications de Briançon, inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. […]
Le maire de Briançon réagit vivement après la découverte de tags « Refugees welcome » sur les fortifications de la ville.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux ce dimanche, Arnaud Murgia dénonce une atteinte au patrimoine briançonnais, dont une partie est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. […] Arnaud Murgia attribue ces inscriptions à des militants favorables à l’accueil des migrants et réclame une réponse des services de l’État. […]

Le maire annonce que les tags doivent être retirés dans les prochains jours. Il rappelle également qu’un important programme de rénovation des fortifications est en préparation dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030.
« Les marchés et crédits de rénovation intégrale des remparts, qui verront plus de 10 millions d’euros investis par l’État ces prochains mois, viennent tout juste d’être engagés par Solideo Alpes 2030 », indique Arnaud Murgia.
Selon l’élu, ces travaux permettront de remettre prochainement les fortifications « intégralement à neuf ». « Dans le cadre des JOP 2030, nous allons investir en trois ans plus que ce que nous avons fait pendant les trente dernières pour donner une nouvelle vie à notre patrimoine national, ici, à Briançon », conclut le premier magistrat.

[Italie] La vallée de la Suse en feu !

Publié le 2026-08-04 09:53:41

volé dans la presse du 26/07/2026

Le 25 juillet 2026, la vallée de Suse fut le théâtre de violents affrontements entre manifestant.es NO TAV et les forces de l’ordre. Lors du festival Alta Felicità, organisé par le mouvement No TAV, des groupes de manifestant.es cagoulés ont attaqué des chantiers sur la ligne Turin-Lyon à plusieurs endroits, causant d’importants dégâts et blessant 120 policiers.A Chiomonte, où des manifestant.es sont parvenus à pénétrer sur le chantier, incendiant des véhicules de service et lançant des engins explosifs artisanaux.

Dégâts et blessés : le bilan des affrontements

D’après les premières estimations, les dégâts sur le seul chantier de Chiomonte s’élèvent à environ un million d’euros. Telt, l’entreprise chargée de la construction de la ligne à grande vitesse, a indiqué que les évaluations se poursuivent concernant le déblaiement des débris et la remise en état des espaces de travail et des services dans le tunnel.

Le bilan des forces de l’ordre est lourd : 58 policiers, 48 ​​carabiniers et 20 soldats de la Guardia di Finanza ont été blessés. Par ailleurs, 450 personnes impliquées dans les affrontements ont été identifiées.

Les méthodes des attaques

Les attaques étaient coordonnées et violentes. À San Didero, tensions Ils ont déclenché des explosions en lançant des objets et des engins explosifs rudimentaires en direction des lignes de sécurité.

À Chiomonte, des manifestant.es ont également atteint le chantier par des sentiers, frappant de plusieurs côtés et parvenant à pénétrer dans la zone. Selon les témoignages, iels ont lancé des pierres, des bouteilles, des pétards, des roquettes et même des mortiers artisanaux. Les forces de l’ordre ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour empêcher l’accès aux chantiers et contenir les groupes les plus violents.

Les conséquences sur la mobilité et l’importance stratégique des chantiers de construction

Les affrontements ont eu des répercussions immédiates sur la circulation dans toute la région. L’autoroute A32 a été fermée, des ralentissements ont été constatés sur la route nationale 25 et la ligne ferroviaire Turin-Modane a été interrompue par précaution entre Bussoleno et Borgone Susa. Ces chantiers ne sont pas marginaux : ils font partie d’un système de plateformes opérationnelles soutenant la construction du tronçon transfrontalier de la ligne Turin-Lyon. Chiomonte, en particulier, abrite la seule route d’accès italienne déjà creusée, un point d’accès crucial pour les travaux souterrains du tunnel de base.

La réponse des institutions

La réaction politique a été immédiate et unanime. Le Premier ministre Giorgia Meloni Il a qualifié l’incident d’attaque contre l’État, réaffirmant que la violence ne saurait soumettre les institutions. Le président Sergio Mattarella a également exprimé sa sympathie et sa solidarité avec les policiers blessés. L’entreprise Telt a manifesté sa solidarité avec les travailleurs et les forces de l’ordre et a indiqué que les chantiers reprendraient leurs activités dès la fin des travaux de remise en état.

La bataille autour de la ligne Turin-Lyon n’est pas nouvelle, mais la situation actuelle diffère de celle d’il y a quelques années. Les travaux sont bien avancés, le projet est financé et consolidé, et le contexte sécuritaire s’est durci. La vallée de Suse demeure l’un des rares endroits en Italie où un grand projet continue d’alimenter un conflit identitaire persistant. Ces affrontements, avec leurs lourdes pertes humaines, marquent un tournant dans ce conflit.

 

note de dingueries : 2 militant.es allemand.es sont actuellement en taule suite à la manif. Force à eux !!

« No Way Home » : la réponse d'un ancien détenu anarchiste

Publié le 2026-08-04 09:58:49

En réponse au communiqué que nous avons publié de la part du Fire Ant Movement Defense, nous avons reçu cette contribution de la part d’Eric King, un anarchiste et ancien prisonnier politique qui à passé presque une décennie derrière les barreaux.



En réponse au communiqué que nous avons publié de la part du Fire Ant Movement Defense, nous avons reçu cette contribution de la part d’Eric King , un anarchiste et ancien prisonnier politique qui à passé presque une décennie derrière les barreaux.

Donner sans consentement des informations à la police, procureurs ou autres personnes qui font partie de l’industrie de la justice est une des choses les plus dommageable que peux faire une personne, car elle expose des gens au danger d’une vaste structure qui existe dans le but d’infliger systématiquement des violences.

Ceux qui ont produit des aveux incriminant d’autres gens ne doivent plus jamais être considérés de confiance à propos d’informations qui pourraient faire courir des risques à quelqu’un. Et à cause du fait qu’il n’est pas possible de savoir quelles informations font partie de cette catégorie, cela veut donc dire qu’il faut les garder en dehors d’une grande partie des espaces et des relations.

Questionné par la police ou les juges, la seule décision éthique est le refus d’incriminer les autres. Quand tout le monde fait ça, les dommages que peut commettre l’État sont limités. Ceux qui pensent à donner des infos sur d’autres doivent comprendre qu’en faisant cela ils passent un point de non-retour. De la même façon, aucun accusé ne devrait être obligé de dépendre d’un comité de défense qui défend également quelqu’un qui l’a dénoncé.

Dans le même temps nous devons faire confiance aux accusés non-coopérants pour décider quel est la meilleure façon de les défendre et comment gérer ceux qui ont témoigné contre eux. Les agences fédérales essaient d’utiliser les affaires Prairieland pour criminaliser et diviser toutes celleux qui résistent. La répression d’État est faite pour infliger des dommages autant en terme d’impact immédiat qu’en créant des fragilités à long terme.

La polémique sur les décisions du comité de soutien dans l’affaire Prairieland ne doit pas décourager les gens dans le soutien aux accusés non-coopératifs. S’il-vous-plaît, donnez aux caisses de soutien, écrivez [aux prisonnier.es] et communiquez au sujet de leur situation difficile.

Ce qui suit est la contribution d’Eric King :

No Way Home

J’écris ceci en réponse au récent communiqué du Fire Ant Movement Defense – « Manufactured Betrayal », non pas comme une confrontation mais dans l’idée d’ouvrir un dialogue et de clarifier les valeurs que nous défendons. Ce n’est pas une attaque. Je partages mon point de vue basé sur mes expériences personnelles. Je ne suis pas expert ou arbitre en révolution, je suis simplement quelqu’un qui fut directement impacté par une petite merde à la langue pendue et qui ai vu des gens qu’il aime subir la même chose.

La prison est vraiment un endroit horrible. C’est un endroit où les gens peuvent mourir, brutalement. C’est un endroit qui vous impose la violence à chaque seconde de la journée. C’est un endroit qui active votre réaction combat/fuite jusqu’au point où elle est n’est jamais que combat. C’est un endroit qui vous change, dans votre façon de voir le monde, comment vous gérez le stress, etc. La prison vous fait faire des choses que vous ne pouvez oublier et avec lesquelles vous devez vivre. Elle prend le cœur de vos familles et les écrase encore et encore, tous les jours, ils s’inquiètent de savoir si vous allez bien, si vous êtes toujours là. Je suis libre depuis 2 ans et demi et je repense encore aux conditions dans lesquelles j’ai était forcé de vivre et aux traumas qui vivent encore en moi à ce jour.

Le communiqué de Fire Ant au sujet de Meagan Morris* sonne comme une insulte à toutes les personnes qui ont jamais été impactées par le système carcéral. Ce texte provoque de la confusion, est enrageant et douloureux. Fire Ant à fait du bon travail auprès des prisonniers, c’est pourquoi ce communiqué a ajouté à ma propre confusion et m’a fait mal aussi profondément.

Je ne comprendrai jamais, et je ne veux jamais comprendre le besoin d’être un défenseur des poucaves. Que Meagan Morris ait des regrets, ou que qui que ce soit qui collabore avec les flics exprime des regrets ne signifie rien face aux vies qu’elle a aidé à détruire. Le fait que Meagan ait finalement choisi de se rétracter ne veut rien dire. Elle a donné à l’État les munitions à utiliser contre nous, pas seulement les prisonniers de Prairieland, mais nous tous. Dans chaque affaire contre des gauchistes dans le futur, l’État pourra utiliser ses mots pour décrire nos amis, nos camarades comme des terroristes violents. Elle fait le travail de l’État à sa place. Elle à donné des informations à l’État pendant des HEURES. Qu’est ce qu’on branle ?

Comme l’as dit Fire Ant, beaucoup de nouveaux radicaux vont rejoindre la lutte après l’horrible répression d’État dont nous sommes témoins. Et les conversations que nous sommes en train d’avoir sont celles que nous devons avoir — mais il faut les avoir AVANT.

Quel risques sommes-nous prêts à prendre ? Quelles sont les pires conséquences possibles, même si vous vous croyez safe et peu importe la légalité des risques pris sur le moment ? Que feriez-vous si vous vous faites arrêter ? Qui sont les plus vulnérables ? Qui sont les plus prêts ? Ce sont des conversations qu’il faut avoir. Mais jamais nous ne devons planifier de réintégrer les poucaves dans nos communautés, jamais on ne doit s’aventurer à les comprendre, jamais on ne doit justifier et dire qu’ils ont payé le prix et que leurs remords suffisent. Honnêtement, nique ça.

En tant qu’abolitionniste, je ne veux pas voir les poucaves ou n’importe qui d’autres en prison. Je veux pas qu’elles soit blessées, harcelées, attaquées en ligne, ou ce genre de merde. Je n’ai pas le temps pour ça. Mais je ne comprendrai jamais l’idée qu’il faudrait les autoriser à réintégrer les communautés radicales. Pour quelles raisons on prendrait des risques pour la sécurité de QUI QUE CE SOIT juste pour apaiser la trahison et la culpabilité de quelqu’un d’autre ? Quel est le but ? C’est la ligne à laquelle je me tiens. Si mon meilleur ami devient ami avec une poucave parce que la poucave s’est excusée, je ne parlerai plus jamais à cet ami.

Créer des espaces de réintégration ça veux dire cracher aux visages de chaque détenu et aussi de sa famille. Ça veut dire regarder en face des gens qui ont dédié leurs VIES ENTIÈRES au mouvement et leur dire « Je sais que quelqu’un.e a égoïstement détruit ta vie et trahi tout ses engagements, mais iel s’en veut ».

Demandez-vous si Kuwasi Balagoon serait OK avec cet état d’esprit ? Ou Emma Goldman ou autre ? Nous vivons dans une époque où les gens établis et bien vus dans le mouvement créent un espace pour les traîtres. Ceux qui balancent sont des flics. Ce sont des gardiens de prison. Des juges et des procureurs. Ils ont pris les vies d’autres dans leurs mains et les ont réduites en pièces. Ils n’y a pas de place dans les mouvements et les orgas que j’aime pour des gens comme ça. C’est inconcevable. Est ce que Fire Ant Defense Movement pourrait regarder dans les yeux ma famille et leur dire que la personne qui a aidé à ce que je sois torturé, agressé sexuellement et hospitalisé a assez souffert ? Que ce n’est pas juste pour eux d’être exclus pour ma sécurité et celle des autres ? Que les émotions sont plus importantes que les brutalités qu’ils ont permis sur nous tous ?

Imaginez que le FBI ait lu le communiqué (nous devons présumer qu’ils les ont littéralement tous lus), seraient-ils heureux de nous voir considérer le retour des collabos au bercail ? Ils seraient ravis. 1). Ils saurais déjà que ceux qui ont parlé sont vulnérables à la pression et pourrais recommencer mais aussi 2). Ils pourraient facilement voir ça comme une porte ouverte en continu, sans aucune peur des conséquences. Comment cela doit être plus facile de convaincre quelqu’un de « faire le bon choix » quand ils peuvent prouver aux gens qu’il n’y a pas de conséquence durable à leur trahison. La confiance au sein du mouvement s’érodera aussi complètement. Comment imaginer que je pourrais faire confiance à un camarade qui a une ligne aussi molle sur un truc si dangereux ? Ce sont des questions de vie ou de mort. Ce n’est pas un petit débat idéologique, c’est mettre l’ensemble de la communauté en péril. Les portes du retour, même après la plus petite des collaborations, doivent rester fermées et les gens doivent le savoir. C’est le strict minimum qui doit arriver à ceux qui aident la police à détruire nos vies et maintenir le statu quo fasciste.

Je ne comprends pas le chemin de pensée derrière votre communiqué. Le « pourquoi de tout ça » ne fait pas sens pour moi. Ça ne fait même pas deux mois depuis les condamnations de Prairieland et on a déjà des déclarations de soutien pour les poucaves ? Les gens peuvent avoir leurs propres pensées et vivre leur vie et j’ai le droit de ne pas être en accord avec. Cependant ça m’a presque triggé de voir les gens qui ont dit aux flics où je me cachais et de m’imaginer qu’un camarade que j’aimais et en qui j’avais confiance me demanderait de redevenir ami avec la taupe. Les cicatrices sur ma tête, le sang dans ma bouche, la douleur dans mon cœur ne laisseront jamais cela advenir. Car j’ai de l’empathie pour ceux dont la vie a était ruinée par les balances, je ne serai jamais ami avec une balance. Balancer c’est décider que la vie de vos camarades vaut moins que la votre.

Ce sont mes idées. J’espère que je les transmets avec respect. Mais je suis blessé. J’ai envie de crier « C’EST QUOI CE MONDE ? » Certains de mes amis les plus proches et des gens que j’admire et soutiens se sont fait balancer, et j’espère que je ne verrai ou n’entendrai plus parler de leurs poucaves à nouveau. À mon avis, il ne doit pas y avoir d’espace pour ça. C’est une trahison de tout ce en quoi je crois de leurs donner un centimètre quand ils ont arraché des décennies.

Amour et respect à tout.es celleux qui supportent les prisonnier.es. Je te couvre le dos si tu couvres le mien.

Jusqu’à la Libération.

EK

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Belgique : Le gouvernement prévoit 1 300 places de prison supplémentaires

Publié le 2026-08-04 10:03:46

Le gouvernement fédéral belge prévoit de créer 1 300 places de prison supplémentaires d’ici la fin de la législature. Ces capacités seront créées par la construction de nouveaux établissements, l’extension de structures existantes et l’installation d’unités modulaires. Le gouvernement entend également renforcer les effectifs du personnel pénitentiaire.



Bandung (Indonésie) : Les dates de libération des anarchistes emprisonné.es approchent

Publié le 2026-08-04 10:08:43

Act for freedom now! / samedi 1er août 2026

On a établi un calendrier des prochaines dates de libération des anarchistes emprisonné.es car pris.es pour cible lors des mesures de répression prises par l’État, suite à la mobilisation d’août–septembre 2025, à Bandung. Ces compas ont été poursuivis.es pour des actions directes, y compris les incendies qui ont visé la banque Hana [voir ici ; NdAtt.] et le bâtiment de la Chambre provinciale des représentants (DPRD) de Java occidental, ainsi qu’à cause des persécutions contre les administrateurs de la plateforme « Black Bloc Zone » – une affaire largement présentée par les médias grand public comme affaire « Chaos Star ».

Prochaines libérations dans les affaires d’actions directe « Chaos Star »

Plusieurs compas emprisonné.es dans le cadre des affaires liées à des actions directes approchent de la date prévue pour leur libération :
– Rhexcy : il est censé [être sorti] le 29 juillet 2026
– Tebe et Iyong : censés [être sortis] le 31 juillet 2026
– Jalus : censé [être sorti] le 3 août 2026
– Apip : censé sortir en septembre 2026

La situation d’autres compas emprisonné.es

Au-delà des affaires principales, pour des incendies, d’autres compas capturé.es dans le cadre de luttes connexes font face à des conditions variables, dans les prisons de l’État :

Affaire de la bombe de propane au poste de police de Gentong [voir ici ; NdAtt.] :
– Adit et Nopal : ils sont censés sortir l’année prochaine (2027).
– Pem et Herdy : sortis il y a plusieurs mois.

Administrateurs de « Black Bloc Zone » :
– Dana et Abul : déjà libérés des prisons de l’État.
– Komar : actuellement incarcéré une nouvelle fois par les forces de l’État, à Surabaya, avec une date de sortie prévue pour septembre prochain.

Solidarité avec tou.tes les prisonnier.es anarchistes.
Pour l’Internationale noire.

Going Underground
juillet 2026

Bandung (Indonésie) : Des nouvelles des anarchistes emprisonnés Mpe, Dilan et Pablo

Publié le 2026-08-04 10:13:41

Dark Nights / mercredi 22 juillet 2026

Des nouvelles des anarchistes Mpe, Dilan et Pablo, emprisonnés suite au Premier mai 2026

Les anarchistes emprisonné.es ont été arrêté.es dans les jours qui ont suivi la manifestation du Premier mai à Bandung [voir ici et ici ; NdAttt.]. Ils/elles sont accusé.es d’avoir participe à une émeute et de la destruction volontaire d’équipements publiques, à la suite d’un affrontement qui a eu lieu le 1er mai 2026 sur le Jalan Cikapayang (au carrefour entre Cikapayang et Pasupati), dans la ville de Bandung, au cours duquel la police a été attaquée.

Ces graves accusations portent sur des infractions comme le fait de provoquer des incendies ou des explosions mettant en danger la sécurité publique, le fait de commettre des actes de violence collective contre des personnes ou des biens, en public, ainsi que d’association de malfaiteurs. De plus, les compas sont accusé.es d’avoir préparé et utilisé des cocktails Molotov. Mpe est accusé d’être le « leader », ce qui, pour un anarchiste, est absurde. Les compas arrêté.es ont été tabassé.es et maltraité.es par les flics, au cours de leurs interrogatoires, pendant une période de trois semaines, en l’absence d’un bon avocat. Une pression psychologique intense et de la violence physique ont été utilisées à l’encontre des détenu.es, pour essayer de leur faire faire de fausses déclarations.

Au total, treize (13) personnes ont été arrêtées et emprisonnées au cours de l’enquête sur les émeutes.

– Trois (3) d’entre elles étaient des mineurs et ont ensuite été libérés, avec l’obligation de pointer à la police.
– Les dix (10) prisonniers restants sont :

1. Ripan Ripandi
2. Muhamad Rafly
3. Ismail
4. Dani Maulana
5. Rangga
6. Cikal
7. Haikal
8. Fadel
9. Fadil
10. Hadi Isan

Liberté pour les prisonniers – Renversons l’État

Mise à jour : le jeudi 23 juillet 2026, le procès des compagnons inculpés dans l’affaire de la manifestation du Premier mai 2026 à Bandung, c’est à dire Mpe, Dilan et Pablo, [a commencé] au tribunal du district de Bandung.

Post-scriptum à La flamme d'or

Publié le 2026-08-04 10:18:42

La brochure La flamme d’or. Ouvrir des perspectives révolutionnaires est dispo ici : https://trognon.info/Brochure-Ouvrir-des-perspectives-revolutionnaires-926



Si la réception de la brochure a été assez largement positive – du moins dans les quelques retours reçus – elle a aussi suscité de vives attaques, principalement concernant la partie sur les « leurres identitaires ». Cela a même valu quelques mots doux lors d’une causerie dans des rencontres anarchistes, certaines personnes qualifiant le texte de « raciste » et « transphobe ». Au passage, à titre perso, quand je considère que quelqu’un porte une position raciste et/ou transphobe, surtout dans ce genre d’espace, j’essaie de faire en sorte de le virer, et si je n’y parviens pas, je me casse. Mais il semble que porter jusqu’au bout les conséquences de sa pensée exprimée ne soit pas un principe de base pour tout le monde.

Cela a aussi valu d’assimiler les positions tenues dans la brochure à celles de Vanina, autrice du bouquin Les leurres postmodernes contre la réalité sociale des femmes, ainsi qu’à Tomjo, co-auteur de Mes vacances à Saint-Imier chez les agresseurs bienveillants et compagnon de route de PMO. Pour que les choses soient claires : je ne partage pas du tout les mêmes positions et suis en général en partie d’accord avec les critiques qui leur sont faites. Vanina, par exemple, me semble homogénéiser les mouvements queers et intersectionnels, pourtant traversés de tendances contradictoires, pour en faire une des causes principales de l’affaiblissement du féminisme révolutionnaire (ce qui n’en fait pas, comme j’ai pu l’entendre et le lire, une « facho » ou autre insulte de ce goût-là). Tomjo ne se contente pas de son côté d’homogénéiser queers, intersectionnel-les, wokes, postmodernes ou déconstruits, il reprend des clichés réacs certes avec style, mais surtout avec un ton méprisant.

Je dois dire que j’ai été étonné, puisque la critique dans la brochure porte sur les logiques réformistes issues des politiques identitaires (et poursuit ainsi un travail critique des pièges réformistes entamé dans les parties précédentes sur l’autogestion, poursuivi sur les projets de retour à la terre, l’expérience de la ZAD de NDDL, l’antifascisme ou l’électoralisme). Le texte n’est en rien une critique des dynamiques anarchistes et révolutionnaires du mouvement queer, mouvement dont il n’est pas question dans la brochure, et encore moins des personnes s’engageant dans un processus de transition. Il s’agit en fait de critiquer des logiques réformistes, comme il y en a dans un certain antifascisme, féminisme, milieu alterno, etc. Et ces critiques sont d’ailleurs portées depuis l’intérieur même du mouvement queer. Critiquer les théories foucaldiennes sur le pouvoir me semble aussi très utile, tant elles se sont imposées jusque dans le mouvement anarchiste. De même, il me semble important de rappeler que l’individu-e, dans un sens anarchiste, est bien plus large que toutes les cases identitaires. D’ailleurs, le mouvement queer a participé à sa manière à faire éclater ces cases. L’étonnement passé, il faut bien avouer que le texte aurait gagné à rappeler qu’il existe des dynamiques plus intransigeantes et plus intéressantes. Je ne les ignore pas et essaie de participer à en diffuser les positions depuis bien des années (George Jackson Brigade, Queer ultraviolence, Ma randonnée sans balise, Trans n’est pas transhumanisme, etc.). Il aurait très certainement fallu les évoquer, d’autant que cette brochure circule en-dehors du mouvement anarchiste (et c’est une très bonne chose et un objectif). Il s’agit là effectivement d’une erreur.

Cela aurait en outre peut-être permis d’empêcher – ou du moins de limiter, tant le sujet semble sensible et propice aux vives réactions – les extrapolations faites sur le texte, comme par exemple concernant la mixité choisie. Il n’en est pas question dans le texte, mais certaines personnes ont curieusement cru y voir une critique de la mixité choisie. Je n’ai aucun souci avec ça, au contraire, je considère que cela peut être un outil utile (tant que ça ne devient pas une fin en soi). Et les gens sont de toute façon libres de s’autoorganiser comme ils et elles le souhaitent ! Il y a toutefois des critiques portées qui me semblent injustes, comme par exemple sur le fait que la brochure oublierait le patriarcat. Certes, ce n’est probablement pas assez développé (comme bien d’autres sujets, comme l’enfermement). Ce n’est qu’une brochure sur un sujet bien vaste… Il est tout de même fait référence à La Voix des Femmes et aux Mujeres Libres, par exemple et entre autres. Il y a surtout l’évocation du soulèvement en Iran aux cris de Femme ! Vie ! Liberté ! dès l’introduction, choix qui n’est évidemment pas fait au hasard, mais bien pour rendre explicite dès le départ l’idée que la lutte contre le patriarcat (et la religion) fait partie des fameuses perspectives révolutionnaires à ouvrir. Mais quand on ne veut pas voir…

Je rappelle donc la partie centrale de ce chapitre, qui me semble assez claire pour éliminer tout soupçon de racisme, de transphobie ou autre position nauséabonde :

« S’il existe une lutte centrale, c’est celle pour arracher des pans d’autonomie, pour la maîtrise de sa vie et de son propre corps, pour l’appropriation des finalités de ses activités, pour le contrôle de ses gestes et de ses décisions, pour la possibilité de rencontrer autrui dans un rapport égalitaire. L’individu-e fait donc bien ce qu’il veut de son cul et de sa vie.
Il y a il me semble une erreur sur ce qu’est et a toujours été la question sociale. La question sociale a toujours été plus large que la lutte des classes entre bourgeois et prolétaires, ou que le clivage entre riches et pauvres. Le système actuel a émergé du fait du mouvement des enclosures et de la mise en propriété des terres contre les paysans et paysannes, de la mise au travail sous la contrainte, de la radicalisation de la misogynie, de la traite ‘’négrière’’ et de la colonisation, de la famille nucléaire qui s’est imposée. Elle inclut dès le départ la domination masculine, le racisme, le contrôle de la sexualité et de la vie quotidienne. Il en découle que pas plus que de conflit central, il n‘existe de sujet révolutionnaire. La question sociale qui prévaut est probablement celle de la négativité ou non de la hiérarchie et du pouvoir ; de la lutte contre toute forme d’exploitation et de domination, donc ».

Il n’y a pas de lutte prioritaire sur d’autres, et le patriarcat est un système de domination plus ancien que l’Etat et le Capital, complètement déployé chez des chasseurs-cueilleurs comme les Aborigènes australiens par exemple. Renverser l’Etat et détruire le capitalisme ne suffira pas à en finir avec l’inceste ou la culture du viol.

La fin de cette partie est peut-être un peu maladroite, lorsque le texte essaie de dégager des cibles qui seraient plus stratégiques. Pour certains et certaines, elles oublieraient le patriarcat et le colonialisme. Il me semble pourtant que l’industrie militaire ou les frontières, par exemple, sont des cibles assez explicites aussi contre le patriarcat et le colonialisme… et sont par ailleurs des piliers de l’ordre établi empêchant toute possibilité de changement réel dans la vie quotidienne, et donc de construction d’un monde nouveau plus désirable dans lequel pourraient s’épanouir des relations débarrassées du pouvoir – y compris sur les corps et la sexualité, et même dans le cercle intime.

La réception d’une brochure, y compris quand elle est positive, peut décidément réserver des surprises. Cela a été le cas du côté d’ « anarchistes » explicitement religieux et très complaisants avec des groupes autoritaires et antisémites comme le Hamas. Il y a pourtant une critique explicite des luttes de libération nationale et de ce genre de groupes dans la brochure, ainsi qu’une occurrence de l’expression « sans dieux ni maîtres ». Je rappelle toutefois, pour que les choses soient claires, que je suis convaincu que la perspective révolutionnaire contre tout pouvoir ne peut être que critique de la religion.

[Tract] C'est la coupure qui fait déborder le vase !

Publié le 2026-08-04 10:24:52

Une première version de ce tract a été distribué devant les locaux de la SAUR à Ifs au mois de juin 2026. Voilà une nouvelle version du tract avec quelques corrections.



C’est la coupure qui fait déborder le vase !
À propos de coupures d’eau dans l’agglomération caennaise

Depuis le printemps 2024 dans l’agglomération caennaise, les squats se font de nouveau couper l’eau. Ces six dernières années, les distributeurs avaient arrêté de la couper et d’empêcher son rétablissement dans les squats investis par l’Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions, suite à une lutte engagée en 2017 par cette dernière contre Veolia.

Pendant plusieurs mois des gens débarquaient régulièrement dans les locaux de Veolia pour exiger l’annulation d’une facture d’eau de 6600 euros pour un grand squat de la Guérinière occupé pendant plus de trois ans. Face au distributeur qui se dédouanait de toute responsabilité en renvoyant vers les pouvoirs publics, la mairie puis le CCAS (centre communal d’action sociale) ont été occupés, forçant ce dernier à éponger la dette.

Début 2023, le syndicat Eau du bassin Caennais a délégué la gestion du réseau d’eau à Eaux de Normandie (filiale de Suez), et à la SAUR, et les coupures ont recommencé. Coïncidence ? Alors qu’avant iels se contentaient de retirer les compteurs d’eau, maintenant iels envoient leurs petites mains faire le sale boulot : dans un squat à Fleury-sur-orne, l’eau a été coupée et l’accès à l’arrivée d’eau bouché avec du gravier et du sable ; au squat rue général Duparge, même chose avec du ciment, sous l’œil des propriétaires (de l’Administration Pénitentiaire) ; puis une coupure d’eau dans un squat à Bourguébus ; et de nouveau une tentative de coupure au squat du 102suudessous, suivie d’une tentative de sectionner les canalisations souterraines en creusant un grand trou dans la rue. Et c’est seulement les interventions dont on a connaissance... Y’en a ras le bol !

Pendant que le système industriel accapare les ressources en eau, les gestionnaires font la chasse aux mauvais payeurs pour grappiller quelques centimes et quelques gouttes d’eau. On doit payer l’eau à cause de groupes, États comme grandes entreprises, qui se l’approprient pour la marchandiser et s’enrichir sur un besoin vital. Ces charognards fixent les prix, et soit tu paies soit tu meurs. Si y’a des gens qui volent l’eau, c’est bien ceux-là, et pas celleux qui se débrouillent pour ne pas payer quelques mètres cubes pour un usage domestique. On nous culpabilise avec des leçons de morale sur la consommation individuelle (fais pipi dans ta douche !), pendant que l’industrie des énergies (nucléaire en tête) pollue des fleuves entiers pour refroidir leurs centrales, que l’agro-alimentaire dépense des tonnes d’eau pour arroser les champs pleins de pesticides et empoisonner les sols, que l’industrie du BTP assèche pour construire des prisons, et que l’industrie de l’armement assoiffe pour fabriquer drones et chars.

Si il faut couper l’eau, c’est aux industries, quelles qu’elles soient !

Que dit la loi française (pour l’instant) ?
Depuis 2013 (Loi Brottes), couper l’eau dans une résidence principale est illégal en France, même si les habitant-e-s ne payent pas l’eau. De même, la pratique du « lentillage » (réduire le débit d’eau plutôt que de couper l’eau directement) est illégale. De nombreuses décisions de justice ont entériné ce principe en condamnant Veolia ou la Saur pour des coupures d’eau chez des particuliers. Ces condamnations s’appuient sur l’article L115-3 du Code de l’action sociale et des familles : « Les distributeurs d’eau ne peuvent procéder, dans une résidence principale, à l’interruption, y compris par résiliation de contrat, pour non-paiement des factures, de la fourniture d’eau aux personnes ou familles ».

Contacts :
ag-contre-expulsions [at] riseup.net
eausecours [at] canaglie.net

Le tract en deux formats (pour lecture et impression) :