Vive l'Anarchie - Semaine 28, 2026

Somaire

Focus sur le projet de stockage d'électricité de Saint-Laurent-de-Terregate

Publié le 2026-07-06 08:44:35

En 2024, la société TagEnergy a présenté un projet de centrale de stockage d’énergie par batteries au lithium à Saint-Laurent-de-Terregate, dans le sud Manche.



C’est quoi le projet ?

La transition énergétique, que l’on pourrait résumer à une géniale idée marketing des capitalistes pour augmenter production et profits, conduit à une augmentation générales des productions énergétiques. Construction de nouvelles centrales nucléaires (et prolongement de la durée de vie des anciennes), projets photovoltaïques à gogo, « champs » d’éoliennes industrielles sur terre et en mer… Les sites de production d’énergie pullulent, et le réseau électrique doit s’adapter. Les énergies dites renouvelables posent un problème particulier, celui d’une production dépendante des aléas climatiques (la force du vent pour les éoliennes ou le niveau d’ensoleillement pour les panneaux photovoltaïques) appelée « intermittence ». Face à ce problème, les ingénieurs se sont dit qu’il pourrait être judicieux de stocker quelque part le surplus d’énergie produite en périodes de surproduction, pour l’injecter dans le réseau lors de périodes de sous-production ou de plus forte demande. L’idée est de rendre le réseau électrique plus résilient, de soigneusement éviter la question des besoins réels et de mettre à disposition du système industriel toujours plus d’énergie. Pour se faire, le réseau a besoin dorénavant de lieux de stockage de l’énergie, sous la forme de centrales à batteries lithium. C’est une centrale de ce type que veut créer TagEnergy à Saint-Laurent-de-Terregate. L’industriel le dit lui-même dans sa communication : « le stockage est un maillon indispensable pour éviter les black-out, comme ceux connus récemment au Portugal ou en Espagne » (voir un article de actu.fr en date du 14 mai 2025).

TagEnergy, késaco ?

TagEnergy est une multinationale de l’énergie, spécialisée dans le stockage et les énergies dites renouvelables, qui a des implantations en France, en Australie, en Espagne, en Angleterre, en Allemagne… son siège social se situe au Portugal. La société a récemment fait parler d’elle pour le lancement du plus grand système de stockage d’énergie par batterie (BESS) de France, à Cernay-lès-Reims, dans la Marne. L’infrastructure compte 140 conteneurs de batteries, des sortes de grosses boîtes de 9 mètres de long qui stockent l’électricité et qui doivent être refroidies en permanence. Les batteries ont été conçues et construites par Tesla, sont raccordées au réseau par RTE, puis exploitées par TagEnergy.
Selon le site internet de TagEnergy, l’entreprise est possédée principalement par les holdings suivantes :
- Impala SAS, appartenant au français Jacques Veyrat (voir le pedigree ici)
- Exor NV, appartenant à la famille Agnelli, dynastie italienne à l’origine de la marque FIAT
- Mirova, une filiale de Natixis, elle-même filiale du groupe BPCE
- Omnes, une entreprise française de gestion de capital fondée par Fabien Prevost

Que se passe-t-il à Saint-Laurent-de-Terregate ?

En décembre 2024, TagEnergy a déposé un permis de construire pour un projet similaire à celui de Cernay-lès-Reims, d’une capacité de stockage de 100mégawatts. Puis la mairie, dirigée par le maire sans étiquette Loïc Bailleur, a déposé un recours devant le tribunal administratif de Caen contre le permis de construire, en juin 2025. La société a déposé un second permis de construire devant la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) de Saint-Lô avec quelques modifications mais une capacité de stockage inchangée, et la préfecture a communiqué sur le fait qu’elle allait strictement encadrer le projet, pour calmer les colères.

Le projet doit être implanté sur 2,2 hectares de terrains agricoles. Des containers de 9 mètres espacés de 5 mètres chacun, des murs de 4 mètres entourant l’installation pour limiter le bruit des ventilateurs, des bassins de rétention d’eau, etc. Le tout relié par une ligne souterraine au poste à haute tension de Launay, au sud d’Avranches, poste électrique contre lequel des luttes ont déjà eu lieu il y a 35 ans de cela. Car oui, le territoire de Saint-Laurent-de-Terregatte n’est pas étranger aux luttes contre les infrastructures électriques. En 1989, EDF décide d’installer une ligne THT de deux fois 400 000 volts (depuis la centrale de Flamanville à 120 km au nord) et un poste à haute tension de 10ha à Saint-Laurent-de-Terregatte. Anti-nucléaires, habitant⸱e⸱s et paysan⸱e⸱s du coin s’insurgent. L’association SOS Lignes haute tension est créée et organise des manifestations. Les mobilisations et les recours juridiques avaient permis l’interruption de certains travaux d’EDF, mais le rouleau compresseur nucléaire aura raison peu à peu de la résistance.

Aussi, en 1993, plusieurs éleveurs observant l’augmentation violente de la mortalité des troupeaux sous les lignes à haute tension créent l’association « Animaux sous tension ». Des combats durent des années pour prouver le rôle des champs électromagnétiques sur la santé, alors que beaucoup d’éleveurs doivent mettre fin à leur activité agricole (voir par exemple l’histoire de Serge Provost ici) du fait de la santé de plus en plus mauvaise des animaux d’élevage qui pâturent sous les THT ou à proximité.
Depuis 2019, l’association a été relancée. Voir le site internet ici.

Le 23 mai 2025, 200 personnes ont manifesté contre le projet de TagEnergy. Un collectif d’ habitant⸱e⸱s s’est formé : le collectif citoyen du Terregate (collectifcitoyenduterregatte [at] gmail.com). Il se donne pour mission de déposer des recours juridiques contre le projet, d’informer via les réseaux sociaux et son site internet collectif-terregatte.org, de négocier avec la préfecture et l’industriel, et de résister au projet par des voies citoyennes et légales.
Le collectif dénonce notamment le très fort risque d’incendie engendré par le stockage de batteries au lithium (citant l’exemple de l’incendie de l’entrepôt de Bolloré Logistics à Grand-Couronne (76) en janvier 2023), l’impact sur le paysage et l’environnement, notamment la vallée de la Sélune, le bruit des ventilateurs de l’installation, la baisse de la valeur foncière des terres et habitations alentours.

Il faut ajouter à ces dévastations locales les catastrophes environnementales et sociales que créent un tel projet. La construction de batteries lithium repose sur l’extraction de la matière première, dans des mines sur d’autres continents, ou bientôt à Echassières dans l’Allier (d’ailleurs là-bas aussi, des collectifs et individus se mobilisent pour empêcher le projet minier) : pas de stockage par batteries sans pillage généralisé et colonial du monde. Un tel projet repose aussi sur le modèle de la société capitaliste, consumériste, du toujours plus vite, plus puissant, plus productif, plus rentable, plus aliénant. Un modèle qui a besoin d’un réseau électrique efficace pour poursuivre sa marche en avant mortelle.

Que TagEnergy dégage !
Solidarité avec la lutte à Saint-Laurent-de-Terregatte !

PS : on pourra trouver ci-dessous un document intéressant quant à la nature du projet et à certains détails techniques.

Quelque part aux États-Unis : Une balade nocturne espiègle

Publié le 2026-07-06 08:49:23

Unravel / jeudi 2 juillet 2026

30 juin 2026

Récemment, lors d’une balade, pendant une soirée chaude, nous avons saboté un lecteur automatique de plaques d’immatriculation, une station de vélos Indigo, quelques engins de construction et nous avons recouvert de peinture ou désactivé environ vingt caméras.

Nous voulons mettre en lumière certains des outils que nous avons utilisés, qui, selon nous, sont sous-estimés dans les milieux radicaux. Un pulvérisateur à main pour jardin, rempli de peinture diluée à l’eau, a été utilisé pour peindre une grande partie des caméras hors de portée. Il est plus petit, plus léger et plus facile à utiliser qu’un extincteur. Le lecteur de plaque d’immatriculation, d’autres caméras et la station de vélos ont été sabotés en utilisant des pinces coupantes. Les câbles apparents ont été sectionnés et des outils à main ont ouvert les panneaux, quand les câbles se trouvaient à l’intérieur d’armoires ou de conduits.

Nous avons passé un excellent moment et, dans les jours qui ont suivi, nous avons savouré une fabuleuse euphorie post-crime !

Portland (USA) : Une tourelle équipée de caméras détruite !

Publié le 2026-07-06 08:54:25

Rose City Counter-Info / vendredi 3 juillet 2026

Communiqué n°1 du jeu Camover : Une tourelle équipée de caméras, de marque LVT, détruite !

Aux premières heures du 1er juillet, quatre anarchistes sont sorti.es, avec des marteaux, un couteau et une sangle d’arrimage pour camion de 30 pieds [environs 10 mètres ; NdAtt.], pour renverser et détruire une tourelle équipée de caméras, de l’entreprise LiveView Technologies, sur le Willamette Boulevard, à Portland.

LVT, tout comme Flock, Axon, Ring, Waymo, Tesla et Google, ouvre la voie à l’utilisation d’outils de surveillance équipés d’« Intelligence Artificielle », en resserrant le filet de la surveillance tout en trouvant un moyen de commercialiser chacun de vos mouvements.

Nous avons rampé dans la nuit et nous sommes caché.es pendant quelques minute dans les ombres, analysant la circulation et regardant les lapins sautiller dans l’herbe, s’adonnant à leurs jeux nocturnes. Quand nous nous sommes senti.es en confiance, nous nous sommes approchés de la tourelle et il a été facile d’y grimper et d’enrouler la sangle aux trois quarts de sa hauteur.

Plusieurs voitures sont passés, mais malgré le fait que nous étions juste sur le bas-côté, personne n’a semblé nous remarquer ou s’en soucier ! Nous avons tiré et tiré, de toutes nos forces, mais malheureusement, 30 pieds ne nous ont pas donné assez de levier pour renverser la tourelle. Mais tout n’était pas perdu ! Après trois minutes à essayer de la renverser, nous avons abandonné et, au lieu de cela, avons grimpé jusqu’au sommet de la tourelle. Ce n’est pas très facile, mais cela peut être fait par toute personne ayant un minimum de compétences en escalade. Au sommet, nous avons pu détruire toutes les caméras, tandis que des ami.es au sol ont crevé tous les pneus et détruit tous les panneaux solaires, laissant la tourelle immobile et inutilisable !

Alors que nous détruisions les caméras, nous avons remarqué que l’un des objectifs tournait, soit parce qu’il était commandé à distance par la personne qui louait la tourelle, soit peut-être parce que l’« IA » réagissait au joli bruit du marteau. Quoi qu’il en soit, il ne tournait certainement plus, quand on en a fini avec lui !

La prochaine fois, nous pourrions envisager de laisser la sangle à la maison et simplement grimper sur la tourelle, ou alors de nous procurer une sangle plus longue (peut-être 45 ou 60 pieds) et plus d’ami.es ! Dans l’ensemble, nous avons passé 5 à 7 minutes près de la tourelle et nous nous sommes sentis tranquilles tout le temps. Cela a été facile à organiser et à faire ! Peut-être que toi et tes ami.es pourriez le faire ? Vous pouvez trouver d’autres caméras à détruire (y compris des tourelles équipées de caméra de LVT !) sur : maps.deflock.org.

Mort à l’État de surveillance !

Détruisons toutes les caméras ! Vive l’Anarchie ! CamOver !

Assemblée ouverte de la caisse de solidarité Kalimero jeudi 9 juillet

Publié le 2026-07-06 08:59:25

Kaliméro est une caisse et une assemblée solidaire des prisonnier-es de la guerre sociale. La prochaine aura lieu le jeudi 9 juillet à 18h et se tiendra au 19 rue burnouf 75019 paris.



La prison est un des rouages de ce système basé sur l’exploitation et la domination que nous voulons raser au sol, c’est pourquoi nous envoyons des mandats à celles et ceux accusé·e·s d’actes de révolte dont nous sommes solidaires.

Une caisse de solidarité a besoin de continuité. Nous n’avons ni sponsor, ni mécène, aussi avons-nous convenu d’un rendez-vous par mois pour collecter des sous pour alimenter la caisse. Ces rencontres sont également l’occasion d’échanger sur nos pratiques face à la répression, d’assurer le suivi des différentes histoires et de discuter des situations qui se présentent. Elle est également un moment de discussion autour des possibles moyens d’esquive, de résistance et d’auto-organisation offensive contre la machine judiciaire et carcérale.

Dans un souci de régularité, ces rencards ont été fixés le 2e jeudi de chaque mois.

Pour envoyer de l’argent, pour demander des informations, ou pour être tenu·e·s au courant des prochains rendez-vous de la caisse et être inscrit·e·s sur la mailing-list de Kaliméro, écrivez à kalimeroparis(at)riseup.net

A FIANCO DELLE PERSONE ARRESTATE ED INQUISITE IL 16 GIUGNO

Publié le 2026-07-06 19:14:25

A FIANCO DELLE PERSONE ARRESTATE ED INQUISITE IL 16 GIUGNO

Riceviamo e diffondiamo: