Une mesure autoritaire exceptionnelle contre le mouvement de contestations étudiantes Une mesure autoritaire exceptionnelle contre le mouvement de contestations étudiantes
Dès ce jeudi 8 octobre 2026 à 6h du matin, les regroupements de plus de 3 personnes sont interdits sur l’ensemble du territoire de la ville de Liège, et ce jusqu’au 16 octobre. Cette mesure répressive a été mise en place par le bourgmestre liégeois Willy Demeyer (PS) pour empêcher ce mouvement de contestations étudiantes qui a débuté jeudi 1er octobre.
Via une ordonnance de police signée, le bourgmestre prend donc une décision qui donne un tournant particulièrement répressif et autoritaire à l’égard de ce mouvement.
En Belgique, de telles mesures d’interdictions de rassemblements dans l’espace public n’ont pas eu lieu à l’échelle de territoires aussi grands qu’une ville depuis la pandémie de Covid-19.
Cette mesure d’exception, mise en place alors que ce mouvement n’a cessé de gagner en ampleur et en antagonisme depuis une semaine, apparait comme une attaque directe au droit de manifester.
Elle s’ajoute à des arrestations violentes et systématiques de jeunes manifestant pour défendre l’accès à un enseignement digne et égalitaire. Au total, 107 arrestations ont eu lieu entre le jeudi 1 octobre et le mercredi 7 octobre, dont une majeure partie concerne des mineur.es. Parmi celles-ci figurent 27 arrestations judiciaires.
Le Parquet de Liège a également déclaré dans un communiqué au matin du mardi 6 octobre qu’il souhaitait procéder à une « tolérance juridique 0 » à l’égard des manifestant·es arrêté·es pour des faits de violences et de troubles à l’ordre public.
Cette réaction politique autoritaire apparait donc comme le symbole de l’incapacité des pouvoirs publics à la fois à écouter l’objet des révoltes dont ils sont la cause mais surtout qu’ils et elles tremblent devant de tels mouvements de contestations.
De plus, cette mesure dite exceptionnelle ne sera certainement pas appliquée de manière homogène entre habitant.es et manifestant.es. Elle risque donc d’augmenter le nombre de contrôles au faciès dans le centre de Liège.
Ensuite, il est fort probable que cette mesure n’aboutisse qu’à augmenter la tension et les violences policières autour de ce mouvement. Un pouvoir qui préfère interdire aux jeunes de se rassembler plutôt que de les écouter est en somme un pouvoir qui se fascise.
Nous apportons tout notre soutien aux étudiant·es qui luttent pour leur survie, pour un enseignement digne et accessible à tous·tes ainsi qu’à l’ensemble des personnes qui luttent contre ce gouvernement.
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