« Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages
L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons »,
Jean Richepin



« L’été dernier a été chaud ». Ainsi commençait Nature et anarchie, ouvrage de 2019, réédité en 2022 dans une version allongée. L’été 2026 a lui battu tous les records de chaleur, provoquant incendies et sècheresse, et laissant des tas de gens sur le carreau. Cela nécessitait bien une actualisation, avec quelques compléments. Le texte essaie de remonter à une des sources du mal : l’obsession de la mesure de tout être et de toute chose. Evaluer, quantifier, compter, recenser, contrôler, bref, faire rentrer dans des cases. Débutée avec l’émergence de l’Etat, la logique s’accélère au Moyen-âge en Europe, puis s’emballe avec l’essor du capitalisme. Le monde de la tech et de l’IA est en train de la renforcer encore et encore. Une manière de s’en défaire serait de renouer un tant soit peu avec notre part sauvage, celle qui fait surgir le trouble dans l’ordre cuirassé de la civilisation.
Les effets du réchauffement climatique et de l’empoisonnement des sols, des mers, des cours d’eau et de l’air sont là. On y est. Or, la question du réchauffement climatique et des pollutions empoisonnant la planète est une question sociale. Ce n’est pas une question technique, pas seulement une question sanitaire, mais d’abord une question liée à la manière dont les formes de vie sont organisées et aux rapports sociaux. Bref, une question sociale. Or, quelle solution pour résoudre celle-ci, si ce n’est par la révolution sociale, portée par une certaine sauvagerie contre le train-train destructeur de la civilisation ?

SOMMAIRE
Jardinage ‘’primitif’’, p.7
Point de bascule : l’obsession de la quantification, p.12
La mécanique ne casse pas des briques, p.15
Artificialisation, p.20
Ravages énergétiques, p.26
Ravages extractivistes, p.30
Sans IA ni maître, p.34
Renouer avec une mentalité ‘’sauvage’’ ?, p.41
Paysannerie, p.43
Piraterie, p.46
Déterrer la hache de guerre contre le cheval de fer, p.53
Les générations futures ? Elles n’avaient qu’à être là avant !, p.56
L’écologie des petits gestes, p.57
Transition énergétique et autres illusions technosolutionnistes, p.60
Ni GIEC, ni césars, ni tribuns, p.62
Environnementalisme, ta mère !, p.65
Collapsologie est sur un bateau, p.68
Ni dieu, ni maître, ni Pachamama, p.70
Le bonheur est dans le pré ?, p.71
Soyons un peu sauvages, p.76
Résoudre radicalement la question sociale en suspens, p.78