Ce n'est plus une simple colère scolaire, c'est le soulèvement méthodique d'une génération à qui l'on a tout confisqué : les moyens dans l'éducation, les espaces de fête, l'air respirable et l'avenir…
Ici, à Rennes, l'embrasement gagne du terrain. À l'université, la colère a franchi un cap : les premières barricades s'érigent et les accès se verrouillent. Face aux flics et au mépris des institutions, les étudiant·es refusent de courber l'échine. Leurs revendications sont claires : stop au sous-investissement chronique qui laisse les bâtiments tomber en ruine et fin du massacre de leurs conditions d'étude et de vie — un constat d'urgence rappelé sans détour par Héloïse Lefebvre Milon, secrétaire générale de l'Union Étudiante. Face à la précarité organisée et à l'austérité budgétaire, la jeunesse rennaise a choisi l'offensive et l'action directe.
Face à la contestation légitime, la réponse du pouvoir n'est plus politique, elle est violente et militaire. Depuis quarante-huit heures, le bilan de la sauvagerie policière glace le sang : à Saint-Ouen-l'Aumône, Eden, 14 ans, a eu la mâchoire broyée par une grenade tirée en tir tendu.
À Tours, un lycéen a perdu son œil sous un tir de LBD.
Privée de moyens, d'écoute et d'avenir, l'évidence s'impose : nous sommes face au cri de révolte d'une jeunesse qu'on étrangle.
Quand l'État tire sur les adolescent·es, il perd toute légitimité. L'illusion du dialogue social est morte.
À Lyon comme ailleurs, la réponse de la rue commence à s'ajuster à la violence subie : le commissariat et les symboles de l'autorité ne sont plus des sanctuaires inviolables, mais les cibles directes d'une jeunesse acculée qui n'a plus rien à perdre. La peur a changé de camp.
Allons-nous continuer à regarder nos petit·es frères et sœurs, nos camarades et nos enfants se faire massacrer par une police en roue libre ?
Finie la comédie des négociations. Quand une république tire sur ses enfants pour faire respecter son ordre pourri, la seule issue légitime, c'est l'offensive et le blocage intégral. À bas leur paix sociale : arrêtons le pays, immédiatement.
réécriture de l'article de IndyMédia.
https://nantes.indymedia.org/posts/169547/le-temps-du-soulevement-lappel-dune-jeunesse-insurrectionnelle/