Ce tract a été distribué à 400 exemplaires dans les boîtes aux lettres du quartier Saint-Julien, à Caen.



La pétition lancée en mai 2026 contre l’implantation d’une antenne 5G de l’opérateur FREE dans le quartier compte maintenant une centaine de signataires. L’Association des habitants du quartier Saint-Julien a choisi ce moyen pour dénoncer l’installation prochaine d’un pylône de 15 mètres, bardé de dispositifs 5G, au 5 rue du magasin à poudre à Caen. L’association met en avant les nuisances visuelles du projet et le manque de concertation.

Il faut aussi dénoncer d’autres aspects du projet trop peu évoqués.

Premièrement, on n’insiste pas suffisamment sur les risques sanitaires mal connus de cette technologie. Comme beaucoup de « progrès » technologiques, la 5G a été imposée, et les études qui montraient de potentiels risques sanitaires ont été soigneusement écartées. Les opposant⸱e⸱s qui mettaient en avant ce risque sanitaire inconnu ont été rapidement disqualifiés dans les médias, taxés de complotistes. Les mêmes complotistes qui avaient plus tôt alerté sur les dangers du tabac, de l’amiante, du plastique, des OGM, des champs électromagnétiques… Exemple s’il faut étayer : en 2019, l’ANSES (l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation) produit un rapport sur la 5G [1], qui invite à approfondir les recherches sur « un manque de données concernant les effets sanitaires dans la bande autour de 3,5 GHz » et « des effets sanitaires potentiels sur des fréquences entre 20 et 60 GHz ». Le rapport conclut « Compte tenu des spécificités des signaux de la 5G, peut-on anticiper l’exposition des populations et son impact sanitaire ? ».
En tant qu’habitant⸱e⸱s, acceptons-nous ce rôle de cobayes ? La question n’est d’ailleurs pas réductible à l’implantation de cette unique antenne dans le quartier. On pourra apprécier le maillage de plus en plus resserré des antennes autour de soi en consultant par exemple le site cartoradio.fr, proposé par l’Agence Nationale des Fréquences.

Ensuite, et c’est peut-être là ce qui devrait nous révolter davantage : la 5G est l’expression d’un modèle de société dont nous mesurons encore les conséquences cet été en regardant brûler les forêts, où lorsque nous subissons quotidiennement l’appauvrissement des relations humaines produit par les écrans. La 5G est un dispositif nécessaire à l’expansion du tout-technologique qui détruit la planète et nos existences au quotidien. L’idée est d’accélérer la transmission de données numériques, pour faire fonctionner tout un tas d’objets connectés aliénants. L’IA a besoin de la 5G pour envahir nos vies, les applis qui nous abrutissent ont besoin de la 5G pour tourner plus vite, les réseaux dits sociaux ont besoin de la 5G pour proposer des contenus toujours plus énergivores. Comme le dit Boris, un anarchiste accusé d’avoir mis le feu à deux antennes relais dans l’est de la France en plein confinement : « L’heure est à l’accélération des flux et des données, à la connectivité des objets du quotidien pour contrôler, écouter, tracer, et espionner toujours plus, rendre l’être humain sans cesse plus esclave de la machine. C’est tout cela que la domination appelle « progrès », « civilisation ». En réalité, ce projet de société a tout de dystopique. […] Ôter toute autonomie aux individus, les rendre esclaves des machines tout en les espionnant à des fins commerciales ou autres (auto-isolement, exploitation à domicile avec le télétravail, abandon de contact tactile entre nous, omniprésence des écrans petits et grands dans nos vies), c’est l’avenir proche qui se dessine  » [2].

Le déploiement de cette technologie est d’un intérêt stratégique pour ceux qui veulent gouverner la vie des autres. Ce n’est pas un hasard si la municipalité impose l’implantation d’antennes sans concertation avec les habitant⸱e⸱s, et si elle venait à ouvrir un débat public, ça ne serait que pour endormir la contestation naissante. Le dialogue avec les autorités ne mènera à rien si ce n’est à la lente agonie du refus qui nous anime. Renonçons aux illusions citoyennistes et opposons un « NON » franc et total à ce projet. Pas d’antenne-relais dans le quartier saint-julien, et pas d’antennes ailleurs !

Des habitant⸱e⸱s

Le tract au format pour imprimer :



Notes :

[1] Exposition de la population aux champs électromagnétiques liée au déploiement de la technologie de communication « 5G » et effets sanitaires associés, octobre 2019, Comité d’experts spécialisé : « Agents physiques, nouvelles technologies et grands aménagements »

[2] Pourquoi j’ai cramé les deux antennes du Mont Poupet, juin 2021, à lire sur valleesenlutte.org