On ne parle pas souvent de la Drôme et de l’Ardèche comme de territoires de guerre. Pourtant, c’est ici que se fabrique une partie des armes qui tuent. C’est ici que l’uranium est enrichi pour alimenter la dissuasion nucléaire. C’est ici que des blindés sont équipés avant d’être déployés au Mali, en Centrafrique, en Ukraine. C’est ici que des drones sont assemblés avant d’être exportés vers des guerres que nous ne choisissons pas.
La guerre n’est pas loin. Elle se fabrique dans les zones industrielles de la vallée du Rhône, dans les usines de Romans, dans le complexe nucléaire du Tricastin. Elle se fabrique par des travailleurs qui, pour la plupart, n’ont pas choisi cette dépendance, elle leur a été imposée par des décennies de choix politiques concentrant l’investissement public sur l’armement et le nucléaire, au détriment de tout le reste.
Nommer ce complexe militaro-industriel, c’est le premier acte politique. C’est refuser la neutralité des zones industrielles, la technicité désincarnée des composants, l’invisibilité organisée de la chaîne qui relie une pièce usinée à Chomérac à un blindé déployé dans une guerre que nous ne choisissons pas.