La prison c’est pas fun, la prison humilie, torture et tue, pendant que d’autres s’octroient tranquillement un moment détente pour s’amuser et peut-être décompresser de leur semaine de taff et de toutes les autres formes d’oppression et d’exploitation produites par le capitalisme.



Un artiste a élu domicile pendant un mois dans la vitrine de sa galérie d’art contemporain en plein centre de Toulouse. Son œuvre : être enfermé, exposé dans une vitrine reproduisant l’apparence d’une cellule de prison vétu d’une combinaison orange rappelant les prisonniers US. Il est censé passer un mois enfermé dans “sa cellule” (mais peut tout de même sortir quelques heures par jours, faut pas déconner non plus...). Le destinataire de l’exposition peut quant à lui observer durant de nombreuses heures, le faux taulard dans sa fausse cellule d’exposition. Grace à cette “oeuvre” conceptuelle, il entendrait “dénoncer” l’enfermement produit par le numérique, et surtout les action des géants du net.... Depuis plusieurs années, on voit popper des bars, des restaurants, et même des escapes games proposant une expérience immersive et ludique dans l’univers carcéral le temps d’un verre, d’un diner.. On peut manger entre amis dans une cellule de prison au bar immersif la récidive à Lyon, tenter de s’évader d’une cellule dans l’escape game franchisé “Prison island” (qui compte plus de 110 prisons dans près de 25 pays). On peut aussi aller tranquillement boire un verre dans les conditions d’une garde à vue à Nimes, pour ceux qui se tordent de rire en contact avec la police. A Marseille, c’est encore un autre bail, des fins gourmets vont se permettre de manger dans un restau semi-gastro ou ce sont les taulards des baumettes qui leur préparent une cuisine quali, mais sans aucun retour pour la prisonnière.e sans protection sociale qui a juste le droit “ à une réinsertion et inclusion sociale”payé 1e de l’heure .... vaste blague.
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Pas de doutes que certains s’en mettent plein les poches sur le dos de ceux qui se retrouvent pris dans les griffes de l’Etat. La prison c’est pas fun, la prison humilie, torture et tue, pendant que d’autres s’octroient tranquillement un moment détente pour s’amuser et peut-être décompresser de leur semaine de taff et de toutes les autres formes d’oppression et d’exploitation produites par le capitalisme. A se demander s’il devient pas logique que la misère vécue par certains deviennent une distraction pour des gens aisés et friands de nouvelles sensations. Pour plus de 80 000 personnes en France, la prison est un sombre quotidien. Tout en sachant que la politique sécuritaire de l’Etat vise à enfermer de plus en plus les prolétaires et cell.eux décrit.es commes des marginales.. La vente d’un paquet de clope de contrebande ou le vol d’un fromage peut servir de motif aux juges larbins de l’Etat pour incarcérer toujours plus. Innocent ou coupable, on vit entassé dans des cellules microscopiques, pourries et insalubres, on se fait humilier et torturer par des matons zélés et fiers de participer à l’enfermement des autres pour un salaire, et on y meurt.... par suicide, dépression, manque de soins élémentaires ou même tué sous les coups des geôliers....
C’est dans ce contexte que l’exposition de Damien Aspe, artiste conceptuel et propriétaire de sa propre galerie “inessential space” nous fout grave la rage. Comment peut-on se déguiser en prisonnier pour dénoncer les dangers du contrôle numérique ? On est bien conscientE du pouvoir de la technologie, mais rien à voir avec l’incarcération. au nom de l’art et de la contestation de salon, il renforce la stigmatisation des prisonnier.es. Contrairement à la prison, cette cage n’est pas matérielle et participe à nier les dégats réels que la prison fait aux genx.
Ce genre de concept banalise la violence carcérale pour divertir le client, le badot en quête de voyeurisme. Qu’on soit clair, le projet c’est de gagner plein de thunes. Parce que oui, cette expo plus que gênante va amener de la notoriété, Damien fait parler de lui et de la galerie dont il est proprio (tout est bon pour la pub), il a même eu son petit article dans la presse locale . Cette mise en avant lui permettra par la suite de vendre d’autres de ses “oeuvres”, ses talents de coach ou de professeur à des entreprises ou des écoles d’art ou de business.
Bref Monsieur ASPE s’enferme pendant 1 mois en vitrine d’un quartier riche de Toulouse, simulant le statut de prisonnier (mais quand même avec son macbook et son iphone....contre le numérique on fera mieux) pour divertir et s’enrichir en méprisant totalement les personnes qui subissent la répression et tout cela semble complètement normal...
Qu’on ne se trompe pas, il n’y a pas de bonne forme de prison. Une société qui a besoin d’enfermer pour exister et elle même une prison. Et que dire d’une société qui met en spectacle la galère vécue par certain.es pour amuser ceux qui ne la subissent pas ?

PS : On espère tout de même que les amateurs de l’escape game prison island auront appris des tips pour pouvoir s’echapper d’une prison (On ne le dira jamais assez, vive la belle) et que dans l’expérience immersive de garde à vue ils auront appris à garder le silence face aux keufs (tout ce que tu dira en gav servira contre toi, alors rien à déclarer dans toutes circonstances). Heureusement, ils devraient s’en sortir vivants et intacts psychologiquement. Ce n’est sûrement le cas pour celle.eux qui vivent réellement l’incarcération et la pression policière.

Crève la taule,
Force à tout.es celle.eux qu’on enferme et fuck tout ceux qui les enferment
Liberté pour tous.tes (même pour les guignols en vitrine)
Fck les gens qui font du biff sur nos galères
Fck les riches qui s’ennuient et leurs divertissements
et surtout vive la belle !

Bar immersif, “la récidive” Lyon formule immersive pour la modique somme de 49,99e
22 quai romain rolland ; 69003 LYON 0482838261 et 0662742283
Prison island : Avignon, Aubagne , Besançon, bordeaux, Bourges, Brest Caen, Calais Clermont ferrand, Dijon, Grenoble, le mans, Lille, Limoge, 2 sites à Lyon, Macon, Malakoff, 2 sites à Marseille, Metz, Montauban, Montpellier, Mulhouse, Nancy, Nantes, Nice, Nimes, Niort, Orléans, Marne la vallée, reims, rennes, Rosny-sous-bois, Rouen, Saint-Quentin (env 20e l’heure, 34e les 2 heures par personnes),
Prison island Tlz
Perpette, 13 rue Dussoubs, 75002 Paris
[email protected]
expérience immersive dans une taule des année 1860 pour 49,90 en happy hour
Les beaux mets (servis par des gros porcs de matons, mais quel régal) https://www.lesbeauxmets-marseille.fr/
Cette liste est longue et non exhaustive … Libre et ouvertes sont les possibilités, nos imaginaires sont créatifs, brûlants et sans limite ^^