Plutôt deçus par le communiqué publié il y a quelques temps sur le compte insta de l’AG, nous souhaitions adresser certaines remarques qui nous semblaient importantes, afin de faire exister un autre discours que celui qui a été porté dans le communiqué.



Pour revenir sur les faits

Le communiqué posté sur le compte insta de l’AG antifa revient sur des « mauvais comportements » qui auraient eu lieu durant la manifestation du 14 mars dernier.
Il est mentionné dès le début du post que le départ en manif sauvage aurait « mis en danger » des personnes ciblées par les médias et la police. Nous pensons que c’est faux, ce départ en sauvage est arrivé vers la quasi la fin du parcours déclaré par le CLAP et personne n’a été obligé à suivre cette initiative encore moins les organisteurs de la marche déclarée qui ont d’ailleurs poursuivis leur trajet.
Lorsqu’il est dit que ce sont des manifestants qui n’ont pas les mêmes pratiques que les organisateur.ices qui créent un danger c’est se tromper de cible car ce sont toujours les forces du régime qui répriment, violentent et tuent, pas des gens qui partent en sauvage.
De plus la manière dont sont présentés les faits suggère que les personnes racisées ou victimes de la police devraient être protégées et ne seraient pas capables de s’emparer d’une pratique comme la manif sauvage pour exprimer leur colère. Ni le CLAP, ni L’AG antifa, ni les auteurices de ce textes n’ont la vérité absolue sur la bonne manière d’être politiquement dans l’espace public, y compris lorsqu’il s’agit de personnes subissant le racisme ou la violence de la police. En ce sens critiquer une pratique comme la sauvage dans un contexte ou aucune bordélisation n’a eu lieu durant toute la marche en amont est particulièrement osé.

Sur le fond

Il est dit que les initiatives individuelles posent problème.
C’est une affirmation assez autoritaire. L’AG antifa ne devrait pas pouvoir affirmer quelque chose comme cela dans la mesure où ce n’est pas un groupe structuré au même titre qu’un parti ou un syndicat. Chacun vient justement dans ce cadre de manière individuelle en essayant d’y produire du collectif avec d’autres. Cette affirmation sous entend qu’il faudrait une perpétuelle validation du collectif (qui est une notion très peu claire dans la mesure où il serait décisionnaire) pour prendre des décisions en manif ? C’est l’inverse d’une pensée libertaire qui favorise l’autonomie de chacun dans le respect de toustes, c’est reproduire une dynamique de parti.

Concerant le fait que « les personnes concernées doivent être écoutées ». De qui parle t’on, car tout le monde est concerné à différentes échelles par le racisme, le fascisme, les violences de la police en fonction des contextes.
Cette notion peu claire est scabreuse car elle vient s’emparer et instrumentaliser les luttes des personnes qui subissent des violences et vient nier la pluralité des tactiques et des manières d’être solidaires dans une manifestation.

Pour finir

Si des tensions, des engueulades et des deceptions ont eu lieu lors de cette manif ce n’est pas la faute à une manif sauvage ou des pratiques individuelles mais car il y’a des visions et pratiques politiques différentes. Ce sont des différences à cultiver et dont nous devrions prendre soin dans une perspective
de lutte. Personne n’a la vérité absolu et nous non plus. Simplement il faut savoir où se placer et prendre ses décisions en connaissance de cause lorsque des imprévus en manif ou ailleurs se présentent.

Le problème se pose aussi et surtout avec les orgas qui ont voulu faire bande à part comme SOS racisme et autres, dont on sait depuis bien longtemps que leur engagement correspond à un folklore plutôt qu’à une véritable volonté d’instaurer un rapport de force. L’espace de la manif chiante et plan plan ils l’incarnent déjà, soyons suffisament futé-es pour imaginer de nouvelles formes plus insolentes et combatives. Faisons sans eux.

SIGNE : Des participant-es à la manif sauvage