Ces histoires de nations ne sont pas mes histoires, alors les guerres entre....
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Rien ne se répète jamais. Mais parfois demeure, quand-même, une étrange impression de déjà vue. L’illusion de paix maintenue en Europe depuis la chute du mur de Berlin commence à s’effriter. Partout, il n’est question que de défense, c’est à se demander comment une guerre pourrait éclater si tous ne font que de se défendre.
La rhétorique était la même lors de la première guerre mondiale, tous les gouvernements pouvaient justifier de leur légitime défense avec moult documents plus officiels et plus accablants les uns que les autres. C’est de cette situation qu’a pu se justifier pour la gauche, l’extrême gauche, des anarchistes, etc, de répondre positivement à l’appel à l’union sacrée fait par le président de la république Raymond Poincaré.
Dans ce cas de figure de légitime défense universelle, c’est toujours chez l’autre qu’il faut dénoncer la duplicité, la tromperie. Voici comment Jean Grave et Piotr Kropotkine, ces deux anarchistes partisans de l’union sacrée, le disent :
D’autant plus que le peuple allemand s’est laissé tromper en 1914, et s’il a cru réellement qu’on le mobilisait pour la défense de son territoire, il a eu le temps de s’apercevoir qu’on l’avait trompé pour le lancer dans une guerre de conquêtes.
L’anathème est donc jeté par nos deux anarchistes de gouvernement, d’autant plus que l’État allemand “prépare la nation à l’idée de l’annexion pure et simple de la Belgique et des départements du Nord de la France”. Diablerie ! Le nom du pays va changer sur les cartes d’identités, le prix de la baguette changer de devise et l’administration pénitentiaire demander de signer des papiers dans une autre langue. Voilà pourquoi il faudrait aller mourir sur le champ de bataille.
Pour ce qui est de notre présent, les choses n’en sont pas là mais, pour qui tourne son nez vers l’Est, ça hume. Quand-même… Une étrange impression de déjà vue.
Alors je prends les devants et qu’on se le tienne pour dit : Je me moque d’être français.
Si demain ma carte d’identité devait être écrite en anglais-américain, en russe, ou que sais-je, cela ne me ferait ni-chaux ni-froid. Tous les États sont mes ennemis, je m’attaque à celui qui est le plus proche peu importe le nom qu’il se donne, voilà tout. Que l’on me dise demain Russe, je ne vois pas en quoi cela serait mon affaire. Cet État aussi je lui ferai sa fête.
On me parlera peut-être de culture, de la culture de l’autre, d’à quel point elle est vile, ne connaît ni la démocratie, ni…. que sais-je. Je le confesse, je n’ai jamais compris l’attachement ni les émois que le terme culture provoque. De celle-ci, de l’autre ou encore de l’autre, je n’ai jamais vraiment compris ce qu’il y avait là de si important. Ce n’est pas tellement que rien importe à mes yeux que de tout ce qui m’importe rien ne se dit en ces termes, et que tous sont menacés par tous les États du fait de leur existence. Être un oiseau qui ne connaît pas de frontière, voilà une chose qui m’importe, par exemple.
On essaiera peut-être de me faire peur en racontant à quel point cet autre État, l’attaquant évidemment, est atroce. Que le nôtre n’est pas idyllique mais qu’en comparaison il est un eldorado. Eh bien ! Je compte faire disparaître chaque État de cette planète, si celui-ci se précipite en ma direction, je n’y vois qu’une pulsion suicidaire de sa part. Peut-être même fait-il vraiment peur cet autre État, c’est vrai. Cependant, lorsque vous avez résolu en votre coeur de les déclarer tous vos ennemis alors, tous, sans exception, font peur. Cette peur est ma compagne, elle empêche ma détermination de devenir de la témérité. Et c’est en sa compagnie que je gagnerai ma liberté. Alors, aussi effrayant soit cet autre État, je ne défendrai pas la France. Aussi, un peu de malice me fait dire que si demain un État devait engloutir l’État français alors à l’échelle mondiale, mon échelle, cela n’en ferait qu’un de moins à faire disparaître.
Voilà, je déserte par avance. Si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes que je tiendrai une arme et que je sais tirer.
Sans regret,
Un paria ennemi de tous les États
D’où qu’il viennent et quel nom qu’il porte.
PS : Mon esprit d’anticipation m’oblige à dire que dans l’éventualité où le territoire français en venait à devenir un territoire d’un autre pays, Russe par exemple, alors que je me déclare déjà traitre à cette patrie-là.