Texte distribué à Caen par le collectif Non au DDayLand Caen ], notamment lors d’une table de presse à la fac de Caen. Ce collectif lutte contre le projet de spectacle immersif sur le Débarquement à Colombelles, Normandy Memory, dans une perspective antimilitariste plus large.



Quel est notre antimilitarisme ?

Une position simple et spontanée pourrait se situer dans le refus de toute armée par refus de la guerre. Ce serait donc un antimilitarisme pour la paix ; un antimilitarisme par principe, un antimilitarisme moral : pacifiste, donc. A ceci près que leur paix est le maintien de l’exploitation par le travail, des ravages industriels, de la situation de quelques personnes commandant aux autres censés obéir, s’il le faut au moyen des juges, des flics et des mâtons. Leur paix est toujours une guerre intérieure. Leur paix est toujours une guerre menée par le pouvoir contre nous et nos aspirations. Pourquoi y a-t-il toujours plus de flics surarmés, de prisons, de vigiles et même de militaires à patrouiller dans nos rues ?
Notre antimilitarisme est bel et bien le refus de la guerre entre les ‘’peuples’’, comme on dit. Il serait plus juste de dire la paix et la solidarité entre ‘’exploité-es’’, entre ‘’gouverné-es’’, entre individu-es ne cherchant pas à diriger les autres. Et pour cause : la guerre est une sale histoire, une accumulation de cadavres et de ruines. Elle est toujours décidée par quelques personnes qui ne vont jamais eux-mêmes sur le champ de bataille, et qui envoient d’autres gens la faire à leur place pour l’intérêt de ces quelques personnes. Nous sommes contre la guerre, parce que nous refusons de crever ou de tuer pour l’intérêt des exploiteurs et des chefs. La guerre est en ce sens la continuation de l’exploitation au travail et de la domination politique par d’autres moyens.
Mais notre antimilitarisme n’est pas le refus de la guerre par principe : il assume une autre guerre, la guerre sociale, celle à mener pour l’égalité et la liberté contre les exploiteurs et les chefs. Si nous nous opposons à l’armée et l’industrie de mort, c’est parce que nous savons qu’elles seront toujours nos ennemi-es. Non contentes de nous envoyer crever comme de la chair à canon sur les champs de bataille, elles sont prêtes à retourner leurs fusils contre nous à tout moment si nous décidons de changer les choses. Combien de grèves, de révoltes et de soulèvements ont été mâtés par l’intervention de l’armée contre ses propres concitoyen-nes ?
Si nous sommes contre leur guerre et contre leur paix, ce n’est pas par morale, mais par souci de cohérence. Cohérence avec notre perspective antiautoritaire et révolutionnaire, cohérence avec notre objectif d’un monde débarrassé de la division entre riches et pauvres et entre des gens qui commandent et des gens qui obéissent. Internationaliste, notre opposition à toutes les armées et tous les Etats du monde ne sera pas pacifiste par principe.

Dépossédé-es de tous les pays, unissons-nous !
Ni chair à canon, ni chair à patron !

Le collectif Non au DDay Land Caen rassemble des personnes qui s’organisent sur des bases antiautoritaires contre le militarisme, contre le tourisme, pour une écologie anti-industrielle. Pour retrouver les dates et les lieux de réunion du collectif : trognon.info ou resistances-caen.org
Pour nous écrire : nonauddaylandcaen chez riseup.net