L’opération « Scintilla  » élargie àune quarantaine de personnes

On apprend des merdias italiens que l’enquête ne concerne pas seulement les six personnes arrêtés ces derniers jours par la Digos mais une quarantaine de personnes. Cette enquête concernerait l’envoi de paquets explosifs, également « des documents et sites Web incitant àcommettre des actes de violence contre les prestataires des centres d’expatriation  », ainsi que le soutien des révoltes àl’intérieur du CPR [centre de rapatriement] de corso Brunelleschi àTurin, frappé par de fréquents incendies et saccages.

Les investigations de l’opération « Scintilla  » regarderaient l’ensemble du réseau anarchiste turinois mais également de nombreux « activistes  » d’autres régions et de l’étranger.

[Reformulé depuis la presse par Cracher dans la soupe.]


Un texte et un rencard diffusés àTrente en solidarité avec les compagnons arrêtés :

Le cœur par-delàles barreaux

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En attente d’une analyse plus approfondie, quelques mots.
Une autre « association subversive àdes fins terroristes  » (article 270 bis), assortie d’une série d’infractions contestés (de l’interruption du service public àla destruction, du sabotage de dispositifs télématiques à« l’attaque terroriste  », de l’incendie au transport de matériel explosif). 50 perquisitions, 150 policiers et carabiniers mobilisés, des rues entières bloquées, irruption d’agents munis de passe-montage et de gilets pare balle. Et surtout, 7 camarades arrêtés. Une opération en grande pompe – menée àla fois par les Digos et les Ros -, avec une conférence de presse de « l’antiterrorisme  » àRome. Et le lynchage habituel des médias.
Pas de surprise. Non seulement parce que c’est l’énième enquête pour 270 bis, mais aussi parce que « arrêter les anarchistes  » a été pendant des semaines le refrain préféré des préfets de police, préfets, magistrats, hommes politiques et journalistes.
Quel est le problème pour les gardes armés et en toges de ce magnifique ordre social ?
Dans le Trentin-Haut-Adige, il y a présence anarchiste trentenaire. Des compagnons et compagnonnes ont toujours été présents dans toutes les luttes, grandes et petites, contre l’exploitation, contre la dévastation du territoire, contre le racisme d’État. Dans les les luttes et dans la rue, l’action directe de nuit n’a jamais fait défaut (dans les dossiers du Parquet, depuis 2014 ànos jours, environ soixante-dix attaques petites ou grandes contre des banques, des casernes, des antennes relais, des véhicules militaires, des tribunaux, sièges de parti). Alors, comment la paix sociale peut-elle continuer àrégner jour et nuit ? La recette est toujours la même : attribuer quelques attaques àcertains anarchistes (6 sur 70 …) et affirmer que tout – des tags sur les murs àl’attaque incendiaire – est planifié par une fantasmatique association subversive avec beaucoup de rôles (le chef idéologique, le responsable du secteur la logistique, responsable des relations avec les avocats, etc.), pour tenter ainsi de distribuer des années de prison. Plus généralement, dégager les casse-pieds pour passer avec le rouleau compresseur sur ce qu’il reste de liberté. La première étape consiste àisoler. C’est pourquoi les maisons des compagnons deviennent « des repaires  », l’attitude obstinée àne pas être espionné est présentée comme « quelque chose qui rappelle la mafia  », etc. « Ils faisaient beaucoup les gentils et les solidaires, mais entre-temps, ils préparaient des attaques. Prenez vos distances  ».
Comme d’habitude, il s’agit de faire le contraire. Continuer les luttes. Ne pas laisser pas seuls nos compagnons. Défendre publiquement les actes dont ils sont accusés. Relancer la solidarité contre une attaque qui veut aussi écraser les relations et les affects.
Nous n’avons pas de réponses simples. Mais quelques bonnes questions. Pouvons-nous changer cet état de choses sans nous battre ? Pouvons-nous nous battre sans prendre de risque ? Les conditions pour lesquelles cela vaut la peine de risquer ne mà»rissent jamais seules ? En attendant, on fait quoi ?
De toute part on hurle au fascisme pour la politique de Salvini. Et ensuite ? On est horrifié pour une explosion au siège de la Ligue ? Allons. Que chacun y mettre du sien, pour que quelqu’un n’ai pas àtout mettre.

Le terroriste, c’est l’État !
Agnese, Sacha, Poza, Stecco, Nico, Giulio et Rupert libres de suite !

VENDREDI 22 FÉVRIER 18h00, FACULTÉ DE SOCIOLOGIE
(via Verdi, Trente)
ASSEMBLÉE PUBLIQUE EN SOLIDARITÉ AVEC LES ARRÊTES

Des anarchistes

[Traduit de Round Robin par Cracher dans la soupe.]


Le plus beau des cadeaux

C’est arrivé souvent au fil des années que nous nous soyons laissés aller àla fantaisie, en essayant d’imaginer comment et quand aurait lieu l’expulsion de l’Asilo. Combien de flics envahiraient le quartier, combien de temps tiendraient les barricades, àquel point résisteront ceux qui seront montés sur le toit, si cela coïnciderait avec une opération répressive et quelle serait la réponse àl’extérieur.

Aujourd’hui, deux semaines après, beaucoup de réponses ont été données. Mais on n’arrive toujours pas àse faire une raison.

Peut-être parce qu’ils nous ont traînés les uns après les autres d’abord àl’isolement aux Vallette (prison de Turin), puis àla section spéciale de la prison de Ferrara. Frappés d’une enquête qui nous décrit comme étant une secte interne et cachée au plus large milieu de compagnons qui s’est organisé àl’Asilo pendant des années.

Une ordonnance dégueulasse qui a permis de sélectionner et de déformer des bouts de nos conversations intimes, politiques et amicales dans le but de soutenir leur thèse inquisitoire. Une reconstruction qui, en aucun cas, ne peut saisir la variété des tensions, idées et élans rebelles qui se sont déchaînés, àpartir de ce lieu, vers le monde extérieur.

Peut-être aussi, parce que nous n’avons pas vu les blindés et les CRS fermer pendant plus d’une semaine des morceaux entiers du quartier et refoulé quiconque n’y habite pas ou ne peut pas le prouver, dans le but d’isoler complètement le désormais ex-foyer des subversifs. Peut-être parce que nous n’avons pas entendu de jour comme de nuit les ouvriers rendre la structure inaccessible, mais surtout inutilisable.

Ou peut-être parce qu’au fond ça ne nous intéresse pas. Ces derniers jours, passés ici en taule, ne se sont pas écoulées dans la nostalgie de tous les souvenirs et moments passés àl’intérieur, de ce que cela pouvait signifier pour chacun de nous, des luttes qui y sont apparues et qui l’ont traversé au fil des années. Ils se sont écoulés plutôt avec le regret de ne pas avoir été avec vous durant ces journées, làdehors, le long de la rue qui va du centre jusqu’au quartier d’Aurora (nom du quartier de l’Asilo), aux assemblées publiques ou au bar àcuver les lacrymos.

Parce que si avec cette expulsion, certains ont perdu leur logement, un endroit où s’organiser et se confronter, beaucoup se sont sentis privés d’un bout de liberté, arraché par la force et par une modalité marquant un point de non-retour. Une « Ã©tincelle  ». Une déclaration de guerre àlaquelle tout le monde s’est senti de réagir et dont les échos sont arrivés au-delàdes kilomètres, des murs et des barreaux qui nous séparent.

Et cela, c’était le plus beau des cadeaux que vous pouviez nous faire : savoir que l’expulsion de l’Asilo et la réponse àcette enquête ont été l’occasion pour chacun d’exprimer son malaise, sa propre rage et rébellion bien au-delàdes luttes et initiatives singulières de ceux qui s’organisaient avec constance là-dedans.

Et qu’importe si après, quand nous sortirons nous ne reconnaîtrons pas l’Asilo pour ce qu’il a été, si dans les yeux de ceux qui seront lànous retrouvons le même amour et la même rage qui se respire aujourd’hui àTurin.

Il y a une espérance. Mais cette espérance n’est pas dans un asilo occupato mais dans le cÅ“ur, l’esprit et les bras de ceux qui ont décidé.

« les prisonniers  »
Antonio, Beppe, Lorenzo et Niccolo’
28 février 2019

[Traduit de l’italien de Macerie sur Indymedia Nantes.]

Mise-à-jour de la situation des détenu-e-s :

Suite àleur incarcération les six compagnons de l’opération « Ã©tincelle  » (https://paris-luttes.info/turin-expulsion-de-l-asilo-11678 ) avaient fait appel. Le 1er mars, le tribunal a rendu sa décision : l’ « association subversive  » (art ; 270) est tombée, deux personnes ont été libérées. Cependant trois autres restent incarcérées pour des délits spécifiques tandis qu’une quatrième subit une seconde procédure d’incarcération en rapport avec la perquisition menée le jour de leur arrestation.

Turin : deux compagnons vont être remis en liberté

Des nouvelles du côté du « riesame  » [réexamen des mesures, plus ou moins équivalant au juge des libertés et de la détention en fRance] : l’accusation d’association subversive (art. 270 bis du Code pénal) est tombée, Giada et Larry vont être libérés sous peu. Nico attend la réponse d’une autre demande de réexamen pour sa remise en liberté, puisqu’il a une double ordonnance de détention, l’issue sera connue sous peu ; pour tous les autres, ils restent en prison, les autres chefs d’accusations sont maintenus.

Nous ne pouvons pas jubiler, puisque des compagnons restent en prison, mais nous attendons avec impatience ensemble qu’arrivent Larry et Giada, de Ferrara et Rome.

Pour écrire aux compagnon-ne-s :

  • Antonio Rizzo, Via Arginone, 327 – 44122 Ferrara, Italie
  • Silvia Ruggieri, Via Bartolo Longo, 72 - 00156 Roma, Italie
  • Niccolò Blasi, Via Arginone, 327 – 44122 Ferrara, Italie
  • Giuseppe De Salvatore, Via Arginone, 327 – 44122 Ferrara, Italie

Pour envoyer une aide financière pour aider àsoutenir la détention des compagnon-ne-s :

  • IBAN : IT61Y0347501605CC0011856712
  • ABI : 03475 CAB : 01605 BIC : INGBITD1
    Giulia Merlini et Marco Pisano
    Istituto Centrale Banche Popolari Italiane, c.so Europa 18 Milano - 20122