Récit de la première journée de l’époque post-contemporaine dans la plus belle ville du monde.



Quoi dire après une telle journée ?
Prenons le temps de nous rappeler de tout ce qui s’est passé dans notre ville.

A l’aube, 5h30, sur le site industriel d’Eurolinks, fabricant de maillons utilisés dans les mitraillettes de l’armée coloniale contre les Palestiniens installé à Château-Gombert, une centaine de manifestant.es commence la journée avec un blocage en soutien au peuple palestinien !

D’autres ont decidé de commencer la journée avec un tour de vélo vers les beaux quartiers de Marseille. Après des premiers jets de gaz lacrymogènes au rond-point du Prado, jeunes et gilets jaunes remontent l’avenue du Prado vers Castellane en déposant des poubelles sur la route - il est même pas 8h, et voilà, premier blocage d’une longue journée !

De là, les hostilités se deplacent vers la Préfecture, à la gare, aux Reformés... il est 8h30 et on compte bien plus que 1000 personnes dans les rues du centre-ville. Une partie de la manif sauvage descend la Canebière et prend la direction du Vieux Port, les CRS positionnés devant le commissariat de Noailles se prennent des jets de projectiles, notamment de bouteilles de verre.

Avec une partie des manifestants restée aux Réformés, les CRS ont désormais des foules devant mais aussi derrière eux et... se font nasser ! Des manifestants tirent des feux d’artifice sur les CRS et déscellent des pavés, le poste de police municipale de la Canebière est pris pour cible et termine absolument saccagé.

Un peu avant 10h, on se sert : SFR et JD Sports dans la rue Saint-Férreol sont les premiers magasins pillés. A partir de maintenant, tout se passe en même temps - la police est définitivement dépassée et ne se relèvera pas avant tard dans la nuit.

Blocage au Vieux-Port, pillages dans tout l’hyper-centre marseillais, puis... plusieurs dizaines de manifestant.es se sont amusé.es avec une petite balade dans la mairie ! En criant "c’est la Révolution, on prend la Bastille", ils décorent les murs avec des graffitis et renversent le buste de Marianne !

Dans tout ce bordel, plusieurs dizaines de personnes ont réussi à forcer une des grilles d’accès du Centre Bourse, côté Belsunce. Des personnes font leurs chourses également rue Paradis - le luxe pour toustes ! Rolex, Longchamp, Hermès... Partout, des sacs Foot Locker, des caddies avec tout ce qu’il faut pour une fois, des arbres à chats et enceintes sur scoots et trottinettes, meme une voiture sans plaque d’immatriculation pour charger les trouvailles.

En haut de la Canebière, une free party est improvisée par un DJ, on chante : "la jeunesse emmerde le Front national !" Et l’autoroute A7 est bloquée, dans les deux sens, ça danse sur le béton. Un air de liberté souffle dans la ville. Le soir, à la Plaine, ça partage le champagne et ça distribue des Air Max, ça fête et ça danse autour d’un feu digne de Carnaval, sous l’oeil des crevé des caméras incendiées !

Mais un bilan de cette journée ne peut pas être fait sans parler de la violence policière et des nombreuses victimes qui ont perdu un oeil, ou sont parties à l’hôpital avec le crâne ouvert à cause des grenades envoyées par les bleus.

Nous appelons à soutenir également les victimes de la répression policière et judiciaire déchainée - plus de 2400 personnes ont été interpellées en France, dont 74 adultes et 27 mineurs à Marseille. Une soixantaine a déjà été jugé cette semaine avec des peines hyper sévères. Pour savoir comment les soutenir, lisez cet article de la Legal Team..