COMPTE RENDU PARTIEL DE LA REPRESSION DU 17 OCTOBRE 2026
Samedi 17 octobre, il y a eu beaucoup d’interpellations à Nantes : la préfecture a annoncé 75 garde-à-vues dans le 44 (Nantes + St Nazaire). Il y en a eu au moins 60 à Nantes, peut être 70. C’est énorme : au plus fort des mobilisations contre la réforme des retraites en 2023, il y en avait eu une quarantaine. Des gens ont été dispersé.e.s dans plusieurs comicos, ce qui est inhabituel à Nantes (la dernière fois que ça avait été fait, c’était pour la mobilisation de Bloquons tout en septembre 2025). En plus du commissariat central Waldeck Rousseau, il y a eu des personnes dans les commissariat de Rezé, Orvault et Saint-Herblain. On ne sait pas si des gens sont sorti.e.s ailleurs qu’à Waldeck ou si les gens étaient enfermés là-bas juste pour les nuits par exemple.
Dans toutes les sorties de GAV qu’on a comptabilisé, on a compté :
– 7 personnes en comparution immédiate
– 4 APP (Avertissement Pénal Probatoire)
– 8 CRPC (Comparution sous Reconnaissance Préalable de Culpabilité)
– 12 sorties sans suites (mais avec de possibles convocations ultérieures pour des reprises de garde-à-vue)
– 3 convocations pour des procès futurs
– 1 Vérification d’identité
Il y a aussi eu de nombreuses CRPC-déferrements au tribunal dimanche, lundi et mardi pour lesquelles on a peu d’infos…
Lundi 19 octobre, il y a eu 4 comparutions immédiates.
3 des 4 personnes étaient là pour des vols ou tentatives de vol ; elles ont accepté d’être jugées le jour même et ont pris des peines de sursis simple (4, 6 et 8 mois). La dernière personne, déferrée pour violence sur personne dépositaire de l’autorité publique (flic), a demandé un délai et a une audience en décembre 2026 sans contrôle judiciaire.
Mardi 20 Octobre, il y a eu 3 comparutions immédiates.
Les trois personnes étaient accusées de vol ou tentatives de vol et avaient déjà passé une nuit en détention provisoire (en prison) de lundi 19 à mardi 20. Deux personnes ont demandé un délai et ont été maintenues en détention provisoire jusqu’à leur procès en décembre 2026.
La troisième personne a accepté d’être jugée le jour-même et a été condamnée à 1 an de prison ferme avec une ITF à vie (Interdiction de Territoire Français : c’est une peine prononcée à l’encontre des personnes sans papiers français et ça implique de ne jamais pouvoir être régularisé en fRance, donc il sera très certainement expulsé à la fin de sa peine de prison).
Ils dorment tous les trois actuellement en prison.
Il y a eu de nombreuses sorties de garde-à-vue sans suite : les flics ont dit aux personnes qu’elles seraient reconvoquées après exploitations d’images (caméras de la ville, caméras du drone, vidéos/photos postées sur les réseaux sociaux). Il y a d’ailleurs de nombreuses enquêtes en cours pour retrouver des gens.
Des personnes sont sorties du commissariat avec des « alternatives aux poursuites » (« alternatives » car pas de procès) comme des APP (Avertissement Pénal Probatoire, le nouveau rappel à la loi) et des CRPC (Comparution sous Reconnaissance Préalable de Culpabilité). Ces procédures ont quand même des conséquences (même si elles sont présentées par les flics comme moins sévères) : travaux d’intérêts généraux (travail gratuit pour réparer ta « faute »), amendes de plusieurs centaines d’euros… Il y a aussi eu, de dimanche à mardi, des déferrements (être amené.e du commissariat au tribunal) pour des CRPC ayant entraîné des peines de prison avec sursis. Certaines personnes ont, en plus de tout ça, des convocations pour des audiences de parties civiles : ce sont des audiences où seront déterminées des sommes à rembourser pour les personnes « victimes », c’est à dire les commerçants et/ou les flics.
Dans toutes ces procédures, ce à quoi on a eu accès (c’est à dire les audiences publiques) nous a une fois de plus révélé que la justice est raciste et classiste. Sur les 7 personnes déferrées en comparution immédiate, 3 ont demandé un délai pour pouvoir préparer leur défense. La seule personne blanche a obtenu une levée de son contrôle judiciaire, les autres personnes, qui sont racisées et précaires, ont directement été envoyées en détention provisoire. Enfin, lors des audiences des personnes qui ne demandaient pas de délai, les peines prononcées ont été extrêmement sévères (1 an de prison ferme pour une personne sans aucun casier) ; il ne fait pas de doute que le racisme et le classisme des magistrat.es (juges et procureur.es) a dicté ces décisions. La justice est un système créé pour réprimer les classes populaires, les pauvres et tous.tes celleux qui vivent à la marge de la société bourgeoise, blanche et patriarcale.
Toi et/ou un.e de tes proches avez des suites judiciaires après la manif du 17 octobre (et toutes les autres) ? Peu importe la procédure, on conseille de contacter des collectifs anti-répression et/ou des avocat.e.s pour vous faire aider. La répression touche d’autant plus durement les personnes sans papiers français : si vous êtes dans cette situation, n’hésitez vraiment à chercher de l’aide auprès des différentes ressources citées en fin de ce texte.
Par ailleurs, face à la férocité de la répression (et celle qui s’annonce dans le futur), la solidarité est notre force. On veut soutenir financièrement et collectivement les personnes touchées par cette répression. On appelle donc toutes les personnes qui le peuvent et le souhaitent à nous contacter pour nous donner de l’argent pour l’antirep (on prend que du cash). Cet argent sert, entre autre, à payer les frais d’avocat.es pour celleux qui n’ont pas accès à l’aide juridictionnelle, à payer les frais de justice des procès, ou encore à envoyer des mandats en prison aux personnes incarcérées.
ACAB
Ressources pour avoir du soutien financier/juridique :
– Illegal Team : 06.75.30.95.45 ou [email protected]
– Grève : 07.51.03.17.20 ou [email protected]
– Avocat.es : Pierre Huriet, Maxime Gouache, Flavien Jadeau, Claude Vincent, Stéphane Vallée.