Mi-septembre, 6 personnes ont été arrêtées sur leur lieu de travail, pas très loin de Briançon. On voulait juste écrire à quel point le discours qui trie les bon.nes et les mauvais.es exilé.es, les personnes « intégrées » ou pas, fait que nourrir le discours des fafs et justifie toute la répression contre les sans pap.
Le 16 septembre, les keufs se sont pointés à la blanchisserie de Villar. Ils ont contrôlé les identités de toustes les travailleur.euses présent.es à ce moment là dans l’entreprise. 6 personnes ont ensuite été amenées au poste de la PAF à Montgenèvre et sont ressorties avec une OQTF ainsi qu’une assignation à résidence qui les oblige à venir signer tous les jours à 10h au commico de Briançon et à rester chez elleux de 14h à 17h pendant 45 jours (potentiellement renouvelables). Bref, privation de liberté à domicile, le grand luxe.
Des médias et associations locales ont réagi en publiant des articles/tribunes aux propos sensationnalistes, à la mode Pascal Praud. Tout est raconté en insistant sur le fait que les personnes aient été arrêtées sur leur lieu de travail, les décrivant comme des personnes « intégrées » dans la société via le travail et enrichissant le territoire briançonnais.
Du coup, nous aussi on voulait réagir en écrivant un truc, parce qu’on emmerde la bien-pensance de ces torchons locaux qui reprennent avec fierté les discours racistes, intégrationnistes, travaillistes et toutes autres conneries du genre. On emmerde le travail, on emmerde le principe d’intégration à une société dont personne ne veut. En gros, on vous emmerde.
Utiliser ce discours dans plusieurs articles/tribunes c’est prendre position, position aux côtés d’un état raciste qui trie les personnes exilées. C’est accepter de faire le jeu de la division pour toujours plus d’harcèlement, de contrôles, de violences, d’arrestations, d’enfermements, d’expulsions. Faire une distinction entre les bon.nes et les mauvais.es exilé.es, participe grandement à justifier la répression contre les personnes considérées comme pas, pas assez, mal « intégrées » ou « n’enrichissant pas le territoire », les mauvais.es sans pap quoi. Ça légitime une répression toujours plus vénère : création de nouveaux CRA tous les 4 matins, push back tous les jours sur toutes les frontières, contrôles au faciès, OQTF/IRTF à gogo, expulsions de squats, harcèlement quotidien, lacération des embarcations lors des tentatives de traversée, destruction des campements…..
Cette descente des keufs met une énième fois en lumière les violences d’un système toujours plus liberticide et mortifère. L’arrestation de ces 6 personnes est clairement une vitrine de la répression dans le 05. La pref veut montrer que ces sales keufs s’exécutent à merveille en faisant régner l’ordre et la terreur, tout ça pour rassurer les fafs du coin (bien joué les champion.nes).
Se concentrer sur le fait que les personnes soient « intégrées » tant dans la vie locale que grâce à leur taf, c’est reprendre les codes de discours racistes et essentialiser les personnes. Personne ne devrait avoir besoin de se justifier, de se rendre utile, ou de faire quoi que soit pour être entendu.e et considéré.e.
Toustes les exilé.es, qu’iels travaillent ou pas, qu’iels soient « intégré.es » ou pas, qu’iels participent à « l’enrichissement du territoire » ou pas, subissent la pression constante des keufs, de l’administration, de l’État, des sales collabos de voisin.es vigilant.es…. Ces personnes sont invisibilisées et obligées de vivre dans une taule à ciel ouvert en survigilance permanente pour tenter de passer sous les radars.
Tous les jours, l’État et sa milice bousillent des vies, sur des lieux de travail, des lieux de vie ou encore sur des lieux de passage. Toutes ces situations méritent toute notre haine.
FEU AUX FRONTIÈRES ET SOUTIEN A TOUSTES LES EXILE.ES
