Depuis samedi, toutes les chaînes d'infos en continu et les politiques sont en ouin-ouin généralisé sur la casse.
Ultraviolent, vraiment ?
Ce n'est que du matériel : quand les flics mutilent ou tuent, il n'y a pas le dixième des réactions. La marchandise a beaucoup plus de valeur que des vies humaines dans leur tête.
Les personnes mises à la rue car expulsées de leur logement trop cher, les services publics (on parle pas des keufs ou des matons) sous-financés qui entraînent des morts bien concrètes elles aussi, les politiques de l'éducation qui mènent les adolescent-es au désespoir, les coupes budgétaires dans tout ce qui touche à l'écologie et nous mène droit dans le mur, les autorisations de pesticides qui nous filent directement des cancers, le laisser-faire qui conduit à des infections massives au Covid...
Tout ça, c'est de la vraie violence, qui ne fait tiquer personne en plateau ou à la tête des partis.
La dissociation encore et toujours
De Mélenchon à Tondelier en passant par Faure, Grégoire et Payan, c'est la foire à la dissociation entre les gentil·les manifestant·es et les méchant·es casseur·euses, bien souvent décrit·es comme des bêtes sauvages et déshumanisé·es. Il se passe la même chose quand il y a des révoltes après un meurtre de la police, comme les révoltes pour Nahel en 2023. C'est encore une manière de dépolitiser la casse et le pillage : il y a plein de raisons pour vouloir casser. Ça peut être la rage face à ce qu'on subit au quotidien, ça peut être la volonté de s'en prendre à tout ce qui représente le capitalisme ou l'État, la volonté de se faire enfin entendre, la volonté de créer un soulèvement... Bref, les raisons sont multiples et font tout-à-fait partie de la manifestation.
Un argument avancé est que ça décrédibiliserait la mobilisation, que ça cache les revendications :
- ben en fait c'est à elleux de parler des revendications et d'arrêter de commenter la casse si ça leur chante, c'est pas nous qui sommes en plateau ;
- quand il y a pas de casse, ça parle encore moins des revendications ;
- ce qui est décrédibilisé, c'est leur parole auprès des manifestant-es, qui voient qu'iels seront jeté-es sous le bus à la première occasion.
Ce que font les politiques de gôôche est finalement normal : iels s'inscrivent dans une démarche réformiste, et sont partisans de l'ordre. On voit bien à leurs regrets que les RG n'aient pas été plus compétents qu'une fois au pouvoir, iels feront tout pour réprimer ce qui bouge (comme l'a fait Hollande). Tout ce qui déborde et est un tant soit peu révolutionnaire les fait grave flipper parce que ça sort de leur petit cadre. On les imagine mal pendant la Commune ou la prise de la Bastille...
Une réaction pragmatique
Les dernières décennies ont montré qu'il ne servait à rien de demander les choses gentiment. Des manifestations monstres, des votes aux législatives, des pétitions à millions de signatures n'ont strictement rien changé. Au contraire, il a fallu des journées de casse pour obtenir des miettes (augmentation de la prime d'activité) pendant les gilets jaunes. Et pendant ce temps, la police est le seul service public avec l'armée à avoir plus de moyens, plus de blanc sein pour protéger les puissants et les ultras-riches et faire taire la population, lui faire peur et la mutiler, la rendre amorphe, apeurée.
Ce qu'on voit aussi, c'est qu'il y a de plus en plus de gens qui se gavent sur l'exploitation : de plus en plus de milliardaires toujours plus riches, de plus en plus de dividendes versés aux actionnaires. Alors piller des magasins c'est aller chercher directement ce qu'on a produit. Il s'agissait d'une manifestation contre la vie chère : tout ce qui a été pillé participe à réduire le coût de la vie !
Des participant-es au 17 octobre