Quand les jeunes prolos prennent les quartiers riches, autrefois envahis par les Gilets Jaunes, les manifestations ennuyeuses et inutiles ont tout de suite plus de gueule. Une nouvelle illustration (si c'était encore nécessaire) que dépasser le train-train mou du République-Bastille-Nation, c'est vital pour faire perdurer la révolte en cours.

On en parlera sûrement quelques temps du 17 octobre 2026 : ce retour de l'émeute, des affrontements, des barricades et du pillage.

Ça avait un goût de gilets-jaunes mais avec moins de gilets jaunes en proportion. C'était plus jeune, et pour beaucoup, habillés en noir de la tête au pied. C'est rassurant de voir les bons réflex se diffuser.
1) pas de banderoles et peu de slogans même si certains sont très drôles (« plus de Master, moins de Poulet »)
2) pas de République-Bastille-Nation, d'ailleurs pas de trajet de manifestation du tout
3) pas les emmerdants et cringe « ou sinon, ça va péter »
4) du folklore gauchiste « Siamo » et « Acab », certes en masse, mais qui paraissait relativement bien mou à côté des pillages et des affrontements
5) un retour dans les quartiers riches, autrefois envahis par les Gilets Jaunes en 2018 : Grand boulevards, Opéra, Saint-Lazare, Saint-Augustin, Les Champs, ...

Juste des affrontements, des barricades, du pillage. De midi à Minuit (et probablement encore beaucoup plus tard pour les plus endurantes et endurants).

Une bien belle journée et de l'espoir :

  • des informations qui remontent de toute la France : c'est le bordel partout
  • de très nombreux groupes déters un peu speed
  • très peu de discours moralisateurs sur « la casse » ou « la violence ». On laisse ça aux professionels de la politique sur les journaux télévisés qui ont maintenant des semaines pour « compter les dégats » et s'inquiéter pour les assurances.
  • des jeunes, d'autres jeunes, encore des jeunes, beaucoup de courage, des barres de rire aussi

Ici ça vote pas Mélenchon, ça parle pas du retour du fascisme H24 que pour faire du chantage électoral ou pour faire mousser sa boutique militante ou sa petite lutte atomique incompréhensible. Ça parle pas de la fête de l'huma. Ça fait pas des discours grandiloquents sur « la vision tactique », ou sur « c'est quoi être conséquent ».
Bien sûr, faut pas être dans le déni non plus : la dynamique mondiale est au retour de l'extrême-droite au pouvoir et tout ce que ça implique de ... ténèbres. En attendant, cette manifestation ne change rien à la donne, si ce n'est se donner de la force et se compter pour les années sombres qui nous attendent. Le réchauffement climatique, les perspectives autoritaires, le techno-fascisme, le désanchentement est général. Le « 40 par classe », les moyens de l'enseignement et de la recherche, « l'état des toilettes du lycée », même si c'est réel et sordide, passent un peu à la trappe.

Il est bien évidemment impossible d'avoir une vue d'ensemble de ce qui s'est passé, à Paris et dans tout le reste de la France. Mais on peut au moins dire ce que sur Grands Boulevards, ça a été affrontements, charges, contre-charges pendant plusieurs heures. Madeleine, idem (les vitres du Decathlon sont plus solides que celles du Franprix). Ça s'est vengé plus tard sur tout le reste autour.

On résiste mal aux lacrymos, on perd souvent beaucoup de terrain et ça court un peu dans tous les sens parfois quand juste reculer un peu suffirait à laisser les flics s'autointoxiquer avec leur gaz de merde. Comme pour les Gilets Jaunes, les Champs Élysées, c'est compliqué, c'est trop grand, on y reste pas. Des fois des barricades se font temporairement enlever pour laisser passer les pompiers... qui vont éteindre un feu qu'on rallumera 5 minutes après. Les Brav sont ultraflippants à rouler à 90km/h en te frollant. Ils sont toujours aussi bêtes et idiots. Ils viennent souvent que pour enlever la barricade et reprendre une intersection que tu réinstalles 5 minutes après aussi.

Dans les semaines à venir, ils feront tout pour nous parquer comme des moutons à République et à Nation. Pour organiser des débats avec des représentants qui ne représentent qu'eux-mêmes et dont on ne veut pas. On fera tout pour bordéliser le centre de Paris et les quartiers de riches.

Des manifestantes et manifestants.