
En écho à toutes les formes de révoltes radicales qui traversent ce mouvement, et dans l’espoir qu’il ne se laisse pas encadrer par les pacificateurs et fossoyeurs habituels, nous avons posé une grande banderole contre ce monde, ses écoles, ses partis et ses syndicats sous le nez du SO de la CGT au moment du passage du cortège de la manif syndicale Place d’Italie – Invalides. La réaction de ces flics de manif qui ne supportent pas la moindre contestation ne s’est pas faite attendre puisqu’ils se sont ramenés à une petite dizaine déterminés à grimper sur l’échafaudage pour la décrocher, et prêts à défoncer des anars et autonomes comme ils rêvent de le faire depuis plusieurs décennies, sous l’œil complice de LFI et des autres syndicats. On a pu entendre des remarques formidables comme « Vous voulez que ça soit comme 2016, tout le monde se met en noir et casse tout ? », « c’est notre manif, c’est nous qui l’avons déclarée ». Cette fois, ils ont fait face à notre détermination, mais aussi au soutien de plusieurs groupes de manifestants lucides sur le rôle des syndicats, ou tout simplement solidaires contre les flics en bleu comme sous couleur de SO syndical, et après une bonne demi-heure d’escarmouches et de coup de pressions ridicules, ils ont fini par lâcher l’affaire et sont repartis penauds, la matraque entre les jambes.
La banderole a ainsi pu égayer l’ensemble du cortège puis être aussi visible durant le passage de la deuxième manif quand elle a rejoint le trajet de la première. Elle était accompagnée du tract intitulé « Personne ne veut de la vie que l’école nous a prévue ».
Vive la lutte, crève l’école, les syndicats et les partis défenseurs du vieux monde !
L’assemblée anti-électorale

Personne ne veut de la vie que l’école nous a prévue
Depuis fin septembre, des centaines de milliers de jeunes se bougent dans les rues. Cette mobilisation, partie d’un blocus dans un lycée de banlieue francilienne, a été rejointe par beaucoup d’autres jusqu’à devenir mouvement, comme si les lycéens n’attendaient qu’une occasion pour déclencher la révolte.
Par le blocage, par l’incendie, par le saccage, par l’attaque aux mortiers sur les lycées ou les dirlos, ils ont rompu la monotonie de l’école. Par les pavés, les coups, les railleries et les insultes, ils ont montré aux flics que ces derniers ne pourraient les harceler et les réprimer sans réponse. Par leur inventivité et leur offensivité, ils ont montré, au nez des militants décrépis, qu’il était possible de lutter en d’autres termes que par ceux de la parade et de la négociation.
Par leurs pratiques et leurs mots d’ordre, les lycéens ont surtout posé un problème essentiel : celui du refus de la vie à laquelle la société du Travail les destine.
C’est précisément cela que les bureaucrates de gauche ne veulent pas entendre. C’est pour que ce problème essentiel n’apparaisse pas sur le devant de la scène qu’ils parlent de soucis de budget, de démocratie scolaire ou de prise en compte de la parole des élèves. C’est pour masquer le refus de l’École et le monde qu’elle introduit que les politiciens ne veulent voir dans ce qu’il se passe qu’une liste réductrice de revendications, et s’empressent de s’en prétendre les portes paroles. C’est pour que l’École et le Travail comme institutions, avec leurs principes de sélection, de dressage, d’insertion, sortent indemnes du mouvement qu’ils ne perçoivent pas que la détestation du 8-18h ou de Parcoursup chez les lycéens a la même teneur que la hanes des 35 heures ou de l’entretien d’embauche chez ceux qui taffent ou chôment.
Maintenant, ce sont eux, syndicats et partis, qui tentent de récupérer le mouvement, d’en prendre la direction, par leurs manifs rangées et leurs négociations, pour le rendre respectable et raisonnable, pour néantiser cette révolte dans les urnes en mai prochain.
Certains ne voient pas d’autre position que celle de soutien face à la révolte des lycéens. D’autres se questionnent sur l’existence ou non d’un commun entre les lycéens et les autres exploités. S’il existe évidemment un commun, c’est que les lycéens refusent aujourd’hui la vie de merde qu’on leur propose, celle-là même que nous avons été obligés d’emprunter hier. Alors nous avons tous et toutes de bonnes raisons de voir que leur combat n’est pas différent du nôtre, et de rentrer en lutte, non pas à côté d’eux ou pour eux, mais AVEC EUX pour que ce mouvement ne soit plus seulement celui des lycéens, mais de tous ceux qui désirent tout autre chose que cette existence mortifère.
Vive la révolution
Des enthousiastes